Confession d’un prédateur - La Semaine Vétérinaire n° 1958 du 23/09/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1958 du 23/09/2022

LIVRE

COMMUNAUTE VETO

Auteur(s) : MICHEL BERTROU

En 2020 chez Buchet-Chastel, Qui sème le vent (réédité fin août au Livre de poche) révélait aux lecteurs français le talent de Marieke Lucas Rijneveld, nouveau prodige des lettres néerlandaises. Dans ce premier roman, lauréat du prestigieux International Booker Prize 2020, le/la jeune écrivain.e (qui se revendique des deux genres) fait le portrait sauvage et poignant d’une enfance au sein d’une famille rurale puritaine, frappée par un deuil. Le personnage de vétérinaire qui y apparaît devient le narrateur de son second roman tout récemment traduit. Hanté comme le précédent par la perte, l’identité, la solitude et la sexualité, il nous éprouve davantage. Condamné pour sa relation avec la fille de 14 ans d’un éleveur bovin, le praticien (49 ans) s’adresse depuis la prison à l’objet de son adoration. Il revient en détail sur l’été où il a succombé à sa passion terrifiée et terrifiante. Entre sincérité, manipulation, perversion et délire, le récit incantatoire de son obsession, déluge hypnotique de souvenirs, de rêves, de métaphores (animales), de références, révèle deux êtres à vif, blessés, prisonniers de leurs désirs et de leurs contradictions (l’adolescente veut être fille et garçon, adulée et annihilée, le narrateur dissèque son amour coupable tout en l’élevant au fantastique) et précipite le lecteur dans des abîmes d’ambiguïtés. Le sujet est terrible, l’exécution littéraire brillante.

  • Mon bel animal de Marieke Lucas Rijneveld, éditions Buchet-Chastel, 14 x 20 cm, 416 pages, 23 €.
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