Vétérinaires en entreprise : libéral ou salarié ? - La Semaine Vétérinaire n° 1953 du 23/08/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1953 du 23/08/2022

Exercice

ENTREPRISE

Auteur(s) : Michaella Igoho-Moradel

Dans un marché vétérinaire français en pleine mutation, les attentes des praticiens évoluent de même que les différents modes d’exercice. Si le salariat poursuit sa progression, le modèle libéral séduit toujours autant.

Être libéral ou salarié ? Seul ou en groupe ? A chacun son mode d’exercice ! Encore faut-il en connaître les particularités pour faire un choix éclairé. Face à une profession en pleine mutation, les deux modèles d’exercice « libéral » et « salarié » restent les plus répandus. Lors du dernier congrès France Vet, le 10 juin à Paris, Vincent Parez, directeur général de VetPartners France, en a détaillé les avantages et les inconvénients au sein ou en dehors des réseaux.

Une consolidation rapide

« En France, sur 8 000 établissements de soin, seul un tiers fonctionne sans auxiliaire spécialisé vétérinaire (ASV). Cela donne une taille moyenne de la clinique vétérinaire en France et explique aussi la dynamique de la consolidation du marché » constate le directeur général de VetPartners avant d’ajouter qu’il y aura toujours de la place pour tous les modèles d’exercice comme c’est le cas en Angleterre, où 50 % des vétérinaires exercent hors groupe. En France, le phénomène de consolidation est plutôt rapide par rapport à ce qui a été observé dans d’autres pays. Dans un marché toujours dominé par l’activité canine, « on estime dans les différentes analyses qu’à peu près 50 % des vétérinaires canins auront intégré un groupe à l’horizon 2025. C’est plus de 50 % dans les cliniques mixtes ». Vincent Parez invite les vétérinaires tentés d’intégrer un groupe à contacter plusieurs groupes « pour se faire une idée et mieux comprendre leurs attentes ». Il souligne en effet que chaque groupe peut avoir des modes de fonctionnement internes différents. Toujours selon le directeur général de VetPartners, le phénomène de concentration n’a pas d’impact sur les modèles d’exercices, qui coexistent d’ailleurs au sein des réseaux d’établissements de soins vétérinaires. Il est plutôt important de s’intéresser aux besoins, portant principalement sur des critères de qualité de vie des jeunes diplômés, pour répondre au mieux à leurs attentes.

Un contrat de collaborateur libéral ou un CDI

Avant de se décider, il est important de se projeter. Dans l’Hexagone, 62,2 % des vétérinaires inscrits au tableau de l’Ordre exercent leur activité en exercice libéral quand le salariat poursuit sa progression pour concerner 35,7 % des vétérinaires inscrits. « Les deux modèles d’exercice libéral et salarié interagissent depuis toujours au sein des établissements de soin vétérinaires eux-mêmes régis par différents statuts » précise Vincent Parez. Libéral ou salarié, plusieurs types de contrats sont possibles. Là encore, les équipes vétérinaires doivent avoir une compréhension la plus claire possible. Concernant le modèle libéral, les vétérinaires peuvent être associés et opter pour un mandat social ou un contrat d’exercice libéral (CEL). Ils peuvent aussi être collaborateurs avec un contrat collaborateur libéral (CCL). Pour le salarié, les vétérinaires peuvent conclure un contrat à durée déterminée (CDD) ou un contrat à durée indéterminée (CDI). Vincent Parez est revenu* sur les grandes spécificités des deux grands modèles d’exercice qui existent dans toutes les structures juridiques qu’il s’agisse d’une société civile professionnelle (SCP), d’une société d’exercice libéral (Selarl) ou société d’exercice libéral par actions simplifiées (Selas), d’une société par actions simplifiée (SAS) ou d’une société de fait (ou de société en participation). Par exemple, les SAS se caractérisent par une grande souplesse de fonctionnement. Les statuts des sociétés d’exercice libéral (SEL) sont eux très variables. « Les associés exerçant leur profession au sein de la société doivent en principe détenir, directement ou par l’intermédiaire d’une société ayant procédé au rachat de l’entreprise par ses salariés, plus de la moitié du capital social et des droits de vote. »

* Accédez ici à la présentation complète de Vincent Parez : https://urlz.fr/iJaF

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