Première consultation - La Semaine Vétérinaire n° 1951 du 01/07/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1951 du 01/07/2022

Carnet de bord

COMMUNAUTE VETO

Notre consœur Marie Gasnier (A 18) nous fait partager ses expériences de jeune praticienne.

mariegasnier.jpg

La première visite chez le vétérinaire est une étape importante dans la vie d’un animal, un moment attendu avec impatience pour le propriétaire et une consultation agréable pour le praticien. C’est un moment essentiel qui permet de s’assurer du bon état de santé de l’animal récemment adopté. Elle est aussi l’occasion pour les heureux propriétaires de soulever des interrogations quant au mode de vie et à l’alimentation de leur nouveau protégé. Certains d’ailleurs, plus soucieux ou consciencieux, sont plus pointilleux en comparaison à d’autres, en état de béatitude extrême devant cette nouvelle petite boule de poils.

Ces motifs de consultation me réjouissent et constituent un rayon de soleil dans ma journée. L’espace d’un instant, les maladies, les horreurs du quotidien s’éloignent et je me concentre sur cette pelote d’énergie pleine d’amour et de promesses. Les propriétaires, radieux, arborent fièrement leur nouveau compagnon. Et bien que ces animaux soient pour la plupart âgés de deux mois, je distingue clairement certains de leurs traits de caractère et leur personnalité déjà bien marquée.
Les chiots, tenus en laisse pour les grands gabarits ou emmitouflés au dans un sac pour les plus petits, présentent un fort état d’excitation. Remuants et bondissants comme montés sur ressorts, mordillant tout ce qui se trouve à leur portée, comestible ou non, malléable ou non. Bien souvent leurs dents de lait pointues s’attaquent au caoutchouc de mon stéthoscope. De même que leur langue, guidée par un flair inégalable, balaie tout sur son passage, notamment les croquettes qui jonchent le sol carrelé. Leur allégresse est d’ailleurs signe de bonne santé. Les chatons sont transportés tels des bijoux dans leur écrin jusqu’à la salle de consultation dans leurs boîtes. L’animal est extrait de sa cage précieusement, afin de ne pas blesser l’être délicat dont le poids n’excède généralement pas les 1 000 g. Tout une panoplie de gadgets et de jouets jonche le fond : des souris à paillettes, des pompons soyeux, des petits plumeaux bigarrés et parfois même des friandises odorantes sont retrouvées dans les replis de la couverture molletonnée. Les chatons, curieux de nature, adorent explorer ma salle de consultation, se nicher en haut des étagères, pianoter sur le clavier d’ordinateur ou se faufiler entre les pieds de la table d’examen. Souvent le moindre contact déclenche un rQuand vient le moment tant redouté par le maître de l’injection vaccinale, certains chiots ou chatons plus douillets et sensibles que d’autres poussent un cri assourdissant. Les propriétaires attendris les réconfortent en les lovant dans leurs bras et en les couvrant de baisers. L’instinct de protection n’a donc ni visage, ni frontière, n’appartient pas à une seule et même espèce, il est présent et a sa place partout où la vie se trouve, où l’amour surgit, même dans la salle de consultation du vétérinaire.

Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr