Le début du recrutement des premiers enseignants vétérinaires - La Semaine Vétérinaire n° 1949 du 17/06/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1949 du 17/06/2022

UniLaSalle

ANALYSE GENERALE

Auteur(s) : Par Tanit Halfon

La première campagne de recrutement d’enseignants vétérinaires d’UniLaSalle vise des profils expérimentés dans les disciplines de sciences fondamentales vétérinaires. L’établissement a déjà reçu une quinzaine de candidatures.

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Quel sera le profil des enseignants vétérinaires ? Comment s’organiseront leurs missions d’enseignement ? Feront-ils de la recherche ? Caroline Boulocher directrice du projet, nous donne des éléments de réponse.

Combien d’enseignants recherchez-vous pour cette première campagne de recrutement ? Quel sera leur contrat ?

D’ici 2028, il est prévu d’embaucher 75 équivalents temps plein vétérinaires, l’objectif étant d’avoir un enseignant vétérinaire pour cinq étudiants en années de clinique soit de la 3e année à la 6e année (promotion de 100 étudiants en 1re année puis 120 étudiants de la 2e à la 6e, NDLR1). Dans un premier temps, nous recherchons déjà d’ici 2022-2023, cinq à sept vétérinaires pour des disciplines de sciences fondamentales vétérinaires, infectiologie-bactériologie/virologie/microbiologie, immunologie médicale, anatomie/embryologie/histologie, et éthologie. Ces enseignants interviendront dès la prochaine année étudiante (année du post-bac, début en septembre 2022). La tenue de cette première année dans sa globalité ne s’appuie toutefois pas que sur ces profils.

Une quinzaine de vétérinaires ont déjà manifesté leur intérêt depuis la publication d’offres d’emploi. Nous avions reçu, par ailleurs, une trentaine de candidatures spontanées pour rejoindre UniLaSalle. Je suis aussi en contact avec d’autres vétérinaires qui seraient potentiellement intéressés par des missions d’enseignement ou/et d’exercice clinique dans notre Institut. Nous avons reçu des candidatures à profil international, et nous recrutons actuellement tambour battant des CDI temps plein et des CDI temps partiel pour les cliniciens en attendant que le centre hospitalier de l’école vétérinaire (CHEV) soit fonctionnel. Je suis sincèrement très heureuse de voir que l’on arrivera à créer une équipe sans dichotomie pré-clinique/clinique. L’enseignement ne s’appuie pas sur des vacataires (ce qui est de toute façon exclu des critères qualité de l’A3EV). En comparaison avec les ENV, j’ai beaucoup plus de souplesse pour les contrats, en termes de durées de travail notamment : le temps plein n’est pas forcément systématique, même si c’est l’idéal recherché.

Au sujet des salaires, notre ligne de conduite est de ne pas faire d’inflation de valeur par rapport aux ENV. En tant qu’Établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général (Eespig) nous sommes alignés sur ce qui se pratique en enseignement supérieur. Pour l’évolution salariale, nous prônons une politique basée sur le mérite plus que sur l’ancienneté.

Notre objectif est de constituer une équipe pédagogique solide et durable, avec un excellent niveau tant en enseignement et en recherche. La maîtrise de la langue anglaise est un critère important, le campus de Rouen étant un campus international et notre objectif étant de recruter à l’international notamment pour monter en puissance en recherche et expertise cliniques.

Quelles seront les modalités de recrutement ?

Les profils visés sont des vétérinaires titulaires d’un doctorat de troisième cycle (PhD) en plus du titre de docteur vétérinaire (ou équivalent) – ils seront dénommés enseignants-chercheurs vétérinaires, ou bien titulaire d’un collège de spécialisation européen ou américain, ou d’un diplôme d’études spécialisées vétérinaires (DESV) – ils seront enseignants vétérinaires. En tant qu’établissement privé, nous ne fonctionnons pas avec les catégories « maître de conférences » et « professeurs » (voir encadré). Il est possible de se porter candidat sans ces diplômes à la condition d’avoir une preuve de reconnaissance par les pairs, par exemple par la participation en tant que conférencier à des congrès vétérinaires, par des interventions en écoles nationales vétérinaires, des activités de publication de rang A… À noter que nous recherchons actuellement des profils expérimentés.

Tous les enseignants vétérinaires devront être inscrits au tableau de l’Ordre, tout comme le directeur de l’école. Ce n’est pas le cas en ENV mais ça se fait dans d’autres pays, par exemple en Grande-Bretagne. À mon sens, cela contribuera à une meilleure proximité avec la profession et avec l’Ordre.

Pour ce qui est des modalités de recrutement, une première sélection sera faite par les RH de l’établissement. Par la suite, il est prévu d’organiser une sélection assez similaire de ce qui se fait dans le public. Il est prévu aussi de créer des conditions pour que les candidats échangent entre eux, afin d’évaluer leur entente et de voir de quelle manière ils se projettent au sein de l’équipe. Au-delà des compétences, nous attachons, en effet, une grande importance aux valeurs des candidats et aux compétences interpersonnelles.

Comment vont s’organiser concrètement leurs missions d’enseignement ? Pour les ENV, les candidats postulent à un profil précis de poste, avec la description du programme et des modalités d’enseignement, sa répartition dans le cursus…

C’est une création de cursus, mais la page n’est pas complètement blanche, nous avons dressé une trame de compétences et d’unités d’enseignement, basée sur les critères de l’A3EV (day one compétences) et le référentiel national de compétences de l’enseignement vétérinaire. À partir de là, nous travaillerons avec les vétérinaires enseignants recrutés sur les modalités d’enseignement et l’interdisciplinarité menant aux compétences. Notre objectif est de créer quelque chose qui nous est propre, avec des innovations pédagogiques et un enseignement « en spirale » qui décloisonne le traditionnel fondamental/clinique.

Tous les enseignants recrutés auront une formation obligatoire aux sciences de l’éducation et de l’enseignement, ainsi qu’une formation de l’enseignement clinique pour les disciplines cliniques. Le temps de formation dépendra du profil de chaque personne puis les enseignants peuvent suivre les ateliers mensuels de la cellule d’appui pédagogique.

Comment vont s’organiser les activités de recherche ? En ENV, l’offre d’emploi est associée à une description générale du poste de recherche, la chaire de recherches, les thématiques…

Les charges d’enseignement pour un enseignant-chercheur sont similaires à celles des ENV. Si les premiers profils qui sont recrutés sont des personnes ayant déjà une grosse activité de recherche, je n’ai pas l’obligation dans mes recrutements d’adosser la mission d’enseignement à une unité de recherche spécifique. Nous le ferons dans un second temps, quand l’équipe s’étoffera, avec des recrutements stratégiques pour nos activités de recherche. En effet, nous avons pour objectif de créer une unité de recherche spécifiquement dédiée aux sciences vétérinaires, qui s’ajoutera à tout l’écosystème territorial de recherche dans lequel nous sommes déjà bien implantés, et qui devra également s’inscrire dans une complémentarité avec les unités de recherche déjà existantes dans l’Institut dans le champ des sciences vétérinaires.

Dans le public

Le statut et les missions des enseignants-chercheurs (EC) des établissements d’enseignement supérieur agricole public sont encadrés par le décret du 21 février 1992. Leurs missions sont doubles, l’enseignement d’une part et la recherche d’autre part, à parts égales (40/40), auxquelles s’ajoutent d’autres missions d’intérêt général comme la participation à la vie de l’établissement. Deux corps d’EC sont définis : les maîtres de conférences et les professeurs. Les deux doivent être titulaires d’un doctorat universitaire, et pour les professeurs de l’habilitation à diriger des recherches. Des exceptions sont possibles, notamment pour les candidats étrangers. Il y a plusieurs échelons pour chacun des deux corps, qui vont de pair avec une grille indiciaire de salaire.

Un recrutement sur concours

Le recrutement se fait par voie de concours, avec des épreuves codifiées et un jury. Pour les maîtres de conférences, il y a une première étape d’admissibilité avec présentation d’un dossier détaillant les réalisations pédagogiques, activités d’enseignement, travaux scientifiques, activités cliniques, etc., suivi d’une phase d’admission avec une leçon à préparer en 24 heures sur un sujet choisi dans le programme d’enseignement de la discipline concernée, ou le cas échéant, une épreuve pédagogique pratique adaptée à la discipline. Pour le professeur, il y a trois épreuves : la présentation orale du dossier, la présentation de la leçon, et la présentation d’un programme d’enseignement et de recherche. Cette dernière présentation est associée à un mémoire écrit.

Une fois recrutés, les EC sont considérés comme des stagiaires pendant une année, à l’issue de laquelle ils pourront être titularisés, ou prolongés dans leur période de stage pendant un an, voire licenciés ou réintégrés dans leur corps d’origine.

  • 1. Des recrutements supplémentaires d'étudiants déjà en études supérieures sont prévus à partir de la 2e année, pour plus de diversité.
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