Vos solutions pour réduire l’empreinte environnementale de votre pratique ? - La Semaine Vétérinaire n° 1947 du 03/06/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1947 du 03/06/2022

EXPRESSION

Auteur(s) : Tanit Halfon

Dans un contexte de prise de conscience des enjeux environnementaux, les vétérinaires font évoluer leurs pratiques. Plusieurs leviers existent pour réduire son empreinte environnementale, notamment mis en avant par l’association vétérinaire EcoVéto. Les actions écologiques sont intimement liées aux enjeux économiques des structures.

Floriane Lanord (A, 2012)

Praticienne canine et équine à Payns (Aube), présidente d’EcoVéto

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« Penser collectif »

EcoVéto1 propose des recommandations dans sa formation et des partages de bonnes pratiques. Cela demande du temps de sensibiliser l’équipe et permettre le changement d’anciennes habitudes. La profession devra aussi s’engager sur des solutions collectives, demander et/ou collecter plus de données de toxicité, bioaccumulation et rémanence dans l’environnement des molécules que nous utilisons, pour des choix plus éclairés de prescription. Il sera aussi utile de disposer d’analyses de cycle de vie de tous les intrants en clinique, pour cerner leur bilan carbone. En santé humaine, les dispositifs médicaux et médicaments représentent 50 à 80 % des émissions de gaz à effet de serre, le premier poste démission avant les transports ! Sans intégrer dans nos réflexions l’ensemble des parties prenantes, comme les collectivités territoriales, les laboratoires, les centrales d’achat…., tout comme aller vers une approche médicale plus préventive que curative, notre amélioration sera très vite limitée.

Pascal Lemaître (Lyon, 1981)

Praticien rural à Vire (Calvados)

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« Des actions aussi économiques qu’écologiques »

Les actions mises en place sont dictées aussi bien par des aspects économiques qu’écologiques. Par exemple, nous avons changé nos halogènes pour des LED. Nous minimisons les déplacements en voiture en groupant les visites. Nos véhicules ne sont pas électriques par manque d’autonomie ; nous passerons éventuellement à des modèles hybrides. Nous étudions aussi la faisabilité d’une installation de panneaux solaires et faisons aussi évoluer nos pratiques vers une réduction des intrants médicamenteux polluants pour l’environnement. La prescription d’antiparasitaires pour les animaux de rente est davantage raisonnée sur la base d’analyses coprologiques, et nous sensibilisons les éleveurs sur l’intérêt de la voie injectable par rapport au pour-on. Ils sont globalement réceptifs à ces nouvelles approches. Nous avons aussi développé aussi une gamme de phytoaromathérapie. On ne voit pas très bien sur quels autres leviers nous pourrions agir. Et cela dépend aussi des sensibilités de chacun.

Pauline Vacherand (Lyon, 2014)

Praticienne canine équine à Thônes (Haute-Savoie)

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« Des gestes au quotidien »

Dès la création de notre structure nous avons réfléchi aux actions possibles. Les petits gestes : il y a d’abord le tri sélectif, y compris du verre médical. Nous avons aussi mis en place un partenariat avec un laboratoire vétérinaire local qui récupère, pour son propre usage, les emballages plastiques de protection de nos commandes faites en centrale. Dans cette même optique, nous vidons le contenu de nos poubelles mais sans systématiquement en retirer le sac. Nous avons aussi opté pour des produits phytosanitaires ayant des labels écologiques. En hospitalisation, nous privilégions les serviettes aux alèses. Nous réfléchissons à la pertinence d’utiliser des champs chirurgicaux en tissu réutilisables. Enfin, quand cela est possible, nous utilisons des médicaments qui peuvent être déconditionnés, même si pour l’instant, cela reste quand même assez limité. Le point noir est la voiture : en zone rurale, venir à la clinique implique une voiture, de même pour les visites à l’extérieur en rurale ou équine.

  • 1. L’association EcoVéto informe et favorise l’engagement de la profession vétérinaire dans une pratique écoresponsable.
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