Toutes les vies d’André-Laurent Parodi - La Semaine Vétérinaire n° 1946 du 27/05/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1946 du 27/05/2022

Hommage

COMMUNAUTE VETO

Auteur(s) : Jean-Louis Guénet, de l’Académie vétérinaire de France

L’enseignant, le chercheur

André Parodi s’est orienté très tôt vers une carrière d’enseignant en devenant, dès sa sortie d’Alfort (1959), assistant bénévole dans la chaire de chimie biologique (professeur Zundel). Cette même année 1960, il suivit le « Grand Cours de l’Institut Pasteur », considéré à l’époque comme une étape indispensable pour entreprendre un cursus d’enseignant-chercheur et il profita indirectement de la création d’une nouvelle chaire « d’hygiène des denrées alimentaires » (professeur Henri Drieux), par « essaimage » à partir de la chaire historique d’anatomie pathologique, (professeur Henri Tisseur) pour obtenir un poste de chef de travaux.

En 1965, l’enseignant-chercheur obtient, après concours, le titre d’agrégé d’anatomie pathologique des écoles nationales vétérinaires. Il est nommé professeur en 1967, toujours à Alfort. En 1973, il obtient le grade de docteur de troisième cycle à Paris VI-Jussieu avec la cytologie pour spécialité.

En 1977, après le départ du professeur Tisseur pour l’ENV de Lyon, il est nommé titulaire de la chaire d’anatomie pathologique à l’ENV d’Alfort.

Ainsi, André-Laurent Parodi aura eu le privilège de faire toute sa carrière d’enseignant, depuis le grade d’assistant bénévole jusqu’à celui de professeur émérite, dans la même école et dans la même chaire d’anatomie pathologique !

Tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il a été un enseignant remarquable.

Dans ses cours et conférences, il s’exprimait toujours dans un langage de qualité, laissant quelquefois transparaître un très léger accent de « là-bas » ! Ses enseignements étaient rigoureusement planifiés pour durer un peu moins d’une heure afin de laisser aux étudiants le temps de poser d’éventuelles questions. Le message transmis était précis, clair. Ses cours étaient toujours minutieusement préparés.

André Parodi était aussi remarquablement courtois et bienveillant dans ses rapports avec les étudiants, surtout lorsque ces derniers se trouvaient en situation de stress ou d’infériorité (examens, soutenances de thèse, etc.).

L’académicien

Le professeur Parodi a été membre de nombreuses sociétés savantes et Académies et dans de nombreux cas investi des plus hautes responsabilités. Ainsi il a été président de l’Académie vétérinaire de France, de la société de pathologie comparée, de la société vétérinaire pratique, de l’association vétérinaire d’hygiène aliment.

L’enseignant-chercheur a reçu de nombreuses décorations et autres distinctions, comme celles de chevalier de la Légion d’Honneur, commandeur du Mérite agricole, officier des Palmes académiques.

Il a publié plus de 300 notes, communications et articles scientifiques dans la presse professionnelle sur des sujets variés.

Tous les étudiants se souviennent de l’intérêt qu’il portait à la présentation des autopsies en essayant, à chaque fois, de rassembler les symptômes et les lésions dans un même tableau cohérent.

Il a été acteur du rapport sur l’état de la recherche dans les écoles nationales vétérinaires françaises et des recommandations pour en améliorer le fonctionnement et la qualité. Ce rapport faisait état de la situation de la recherche dans les quatre écoles nationales vétérinaires (ENV) françaises telle qu’elle se présentait en 2007 et formulait des propositions pour en améliorer les conditions et le fonctionnement. Il a été préparé par la Commission « Recherche et développement » de l’Académie vétérinaire de France, présidée par le professeur Gérard Orth, après audition des directeurs des quatre écoles vétérinaires et/ou de leurs représentants, des quatre derniers présidents du Conseil scientifique de l’école d’Alfort, de plusieurs enseignants des écoles et de plusieurs personnalités du monde de la recherche (INRA, AFSSA, universités, etc.)

André Parodi était un personnage séduisant qui savait s’attirer très vite la sympathie de ses interlocuteurs. Il parlait bien, connaissait de nombreuses choses. Il était très intéressé par la science d’une manière générale. Bien que très occupé par d’innombrables tâches, il était très assidu aux réunions scientifiques, notamment à celles de l’Académie vétérinaire ou nous l’avons beaucoup fréquenté.

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