L’apport d’un aliment hydrolysé lors de diarrhée et vomissements chez le chat - La Semaine Vétérinaire n° 1929 du 25/01/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1929 du 25/01/2022

Gastroentérologie féline

FORMATION CANINE

Auteur(s) : Tarek Bouzouraa

Les entérites chroniques sont fréquemment suspectées chez les chats adultes qui présentent une combinaison de signes cliniques digestifs (vomissements et/ou diarrhées chroniques). Leur diagnostic appelle la combinaison d’examens sanguins, d’imagerie (échographie) et histologiques après biopsies per-endoscopiques ou étagées par laparotomie. La prise en charge nécessite souvent une transition diététique vers un aliment hyperdigestible, riche en fibres ou hydrolysé afin de maîtriser la perte d’immunotolérance et l’inflammation, une vermifugation prophylactique, une antibiothérapie empirique voire la prescription d’immunosuppresseurs. Puisque, sur le terrain, il n’est pas toujours facile de proposer une démarche exhaustive pour la recherche étiologique d’une entéropathie chronique, une étude1 détaille l’apport en première intention de l’alimentation hydrolysée avec ou sans adjonction d’autres traitements.

Le protocole consiste en l’étude méticuleuse de toutes les publications relatives à l’emploi d’un aliment hydrolysé chez le chat présentant des signes digestifs depuis plus de 2 semaines, en prenant soin d’exclure tous les chats avec des allergies cutanées et ceux dont le suivi est insuffisant (inférieur à 6 mois). Pour tous les cas inclus, les dossiers médicaux doivent contenir assez d’informations et d’analyses pour confirmer que l’origine des signes cliniques est bien liée à une entéropathie chronique seule.

Sur une base de plus de 500 000 chats représentant les cas inclus dans toutes les études parues dans la littérature, 5569 sont retenus comme éligibles, dont 5000 dossiers (90%) sont considérés aléatoirement. Parmi eux, 977 sont finalement inclus car ils remplissent tous les critères d’inclusion. Au sein de cette population finale, 697 sur 977 (71%) chats n’ont qu’un seul changement alimentaire dans le cadre de leur prise en charge, 127 sur 977 (13%) chats reçoivent également une antibiothérapie, tandis que les 153 sur 977 (16%) restants ont une corticothérapie avec ou sans antibiotiques (l’information n’étant pas spécifiée).

Premièrement, ces observations indiquent que, sur l’ensemble des cas considérés, environ 42% des chats reçoivent une alimentation hydrolysée en première intention en présence de signes digestifs chroniques, et ce avant l’emploi d’autres traitements (antibiotiques et/ou corticoïdes). Les taux de réponse sont respectivement de 66% (alimentation hydrolysée seule), 44% (avec antibiothérapie) et 35% (corticothérapie). Les chats ayant reçu un traitement en adjonction de l’ajustement diététique présentent un risque accru de répondre défavorablement aux soins par rapport aux chats pour lesquels seule l’alimentation est modifiée, sans autre traitement.

En effet, les chats sous antibiotiques ou corticothérapie ont respectivement un risque de réponse défavorable multiplié par 2,41 et 3,59 sans qu’aucune cause sous-jacente ne puisse expliquer ces informations. Ces données soulignent l’intérêt d’un aliment hydrolysé en première ligne de prise en charge des suspicions d’entéropathie chez le chat et sont utiles à l’établissement de futurs protocoles d’études.

  • 1. Kathrani A, Church DB, Brodbelt DB, et al. The use of hydrolysed diets for vomiting and/or diarrhoea in cats in primary veterinary practice. J Small Anim Pract. 2020;61:723–732.
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