Programme de vaccination pour le contrôle des affections respiratoires EHV-1 des chevaux de course - La Semaine Vétérinaire n° 1926 du 04/01/2022
La Semaine Vétérinaire n° 1926 du 04/01/2022

Japon

FORMATION MIXTE

Auteur(s) : Anne Couroucé

D’après la conférence du Dr Hiroshi Bannai, Japan Racing Association au congrès de l’IEIDC (International Equine Infectious Diseases Conference) qui s’est tenu on-line du 27 septembre au 1er octobre 2021.

Au Japon, il existe deux gros centres d’entraînement qui regroupent plus de 2000 chevaux chacun. Comme toute population importante de chevaux regroupée au même endroit, ces chevaux sont soumis à une pression infectieuse avec comme conséquences un décalage de leur programme d’entraînement et/ou des déclarations de non-partant.

Pour contrôler la propagation des maladies infectieuses, la vaccination de la population entière (« herd immunity ») s'est imposée comme la seule solution, et notamment la vaccination contre l’herpès virus de type 1 ou EHV-1 responsable de formes respiratoires mais aussi de formes nerveuses et d’avortements.

En 1994-1995, ces centres d’entraînement ont commencé à vacciner la population des galopeurs âgés de 3 ans. Le produit utilisé était alors un vaccin inactivé, comme l’EQUIP EHV 1-4 de Zoetis ou le Pneumequine de Boehringer, utilisés actuellement en France. Au vu des fonds alloués pour cette vaccination, environ 50% de la population fut vaccinée. Au cours de cette période, il y eut des phases avec des chevaux présentant de la fièvre (parfois plus de 200 chevaux), majoritairement due à EHV-1. En 2009-2010, la totalité des chevaux âgés de 3 ans fut vaccinée et le nombre de chevaux présentant de la fièvre fut alors grandement réduit. 

En 2014-2015, les centres d’entraînement ont changé de vaccin et ont commencé à utiliser un vaccin vivant atténué développé par le JRA (Japan Racing Association) pour prévenir les infections respiratoires et les avortements liés à EHV-1. En 2018-2019, ils ont vacciné toute la population de galopeurs présente, c’est-à-dire tous les âges.

Lors de l’utilisation du vaccin inactivé, il existait encore des infections à EHV mais d’autant plus réduites que la population était complètement vaccinée (épizooties de 2011-2012 puis 2013-2014). Lors du passage à l’utilisation du vaccin vivant atténué, le nombre de chevaux présentant de la fièvre était très faible et il n’y a pas eu d’épidémie. Concernant la réponse en anticorps des chevaux âgés de 3 ans, elle était meilleure avec le vaccin vivant atténué qu’avec le vaccin inactivé.

En octobre 2017, sept chevaux de sport proches du centre d’entraînement ont présenté de la fièvre. Les Japonais ont alors fait une dose de rappel aux chevaux âgés de plus de 4 ans et aucun galopeur n’a présenté de fièvre.

Tout comme ce qui est prôné par la communauté scientifique pour le Covid-19, quand la majorité de la population (plus de 70%) est vaccinée, il est possible de contrôler une infection par EHV-1 du fait de l’immunité « de troupeau ». C’est un cercle vertueux qui permet un meilleur contrôle des effectifs de chevaux. Cela nécessite, bien entendu, une surveillance régulière et parfois un réajustement des protocoles de vaccination, mais cela permet finalement de protéger la population globale de chevaux.

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