Actualités sur les maladies infectieuses - La Semaine Vétérinaire n° 1920 du 12/11/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1920 du 12/11/2021

Épidémiologie

FORMATION MIXTE

Auteur(s) : Anne Couroucé

Ce texte est le deuxième d’une série de trois articles.

Virus West Nile

La diffusion du virus West Nile en Europe du Nord a été présentée par Kees van Maanen, vétérinaire spécialiste en microbiologie aux Pays-Bas. En effet, des cas sont apparus pour la première fois en Allemagne en 2018 et en septembre 2020 aux Pays-Bas. Des cas ont également été confirmés en octobre 2021 pour la première fois en Corse. À noter qu’il existe des vaccins dans tous les pays atteints mais que la couverture vaccinale reste très faible.

Piroplasmose

La piroplasmose a fait l’objet de deux conférences. La première est celle de Coralie Lupo, vétérinaire épidémiologiste du Respe, le réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine européen, sur le sous-réseau Piro-like qui a vu le jour en 2013 et que l’on appelle désormais fièvre indéterminée, ou à déterminer. La définition des cas à inclure est la suivante : hyperthermie aiguë ou chronique (> 38,5 °C) associée à des signes cliniques non pathognomoniques. Les analyses demandées sont des PCR (polymerase chain reaction) pour Theileria equi, Babesia caballi et Anaplasma phagocytophylum, une sérologie pour l’anémie infectieuse équine (Coggins test), une Elisa IgM pour le virus West Nile. Depuis la création du sous-réseau, 2541 cas ont été suspectés, 2372 chevaux prélevés et 976 diagnostics positifs ont été établis (41 %). Une majorité de résultats sont positifs pour les deux agents de la piroplasmose, avec une saisonnalité pour Babesia caballi mais pas pour Theileria equi.

Le projet PiroGoTick (http://www.pirogotick.fr) a été présenté lors d’une deuxième conférence par Laurence Malandrin, de l'UMR de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae)/Oniris Bioepar (Biologie, épidémiologie et analyse de risque en santé animale), et Alexandre Muzard, interne au Centre international de santé du cheval (Cisco-Oniris) qui a fait son travail de thèse de doctorat vétérinaire sur le sujet. Les questions posées sont : quelles tiques sont présentes sur les chevaux en France et quelle est la transmission du parasite ? Quelle diversité génétique et génotype pour ces parasites ? Les projets PiroTick, PiroSentinel et PiroPâture ont été détaillés par Laurence Malandrin, puis le projet PiroQuest par Alexandre Muzard. L’objectif était de déterminer la prévalence de la piroplasmose équine et les facteurs de risque. Des chevaux sans aucun signe clinique ont été inclus dans cette étude menée dans les quatre écoles vétérinaires françaises. Un questionnaire complet a été rempli par les propriétaires et une prise de sang a été effectuée sur les chevaux. Un total de 343 chevaux a été inclus dans l’étude. L’analyse PCR a permis de mettre en évidence 36 % des chevaux positifs pour Theileria equi, 3 % pour Babesia caballi et 1 % pour les deux parasites. Les facteurs étudiés étaient la race, la localisation géographique, la durée de pâture, le type de pâture, l’humidité des pâtures, la présence de tiques et la présence d’autres chevaux.

Les facteurs de risque qui sont ressortis de cette étude sont la localisation géographique – les chevaux ont plus de risques d’être positifs à Theileria equi à Lyon et Toulouse et moins de risque en région parisienne –, le type de pâture – les chevaux vivant dans un paddock en sable étaient plus fréquemment négatifs – et la durée de pâture. Cette étude, à l’opposé d’autres déjà effectuées, a été menée sur des chevaux sains et pose la question de la réelle pathogénicité de Theileria equi.


D’après la journée scientifique du groupe d’épidémiosurveillance de la Federation of European Equine Veterinary Associations (FEEVA) qui s’est tenue le 8 octobre 2021 à Caen (Calvados).

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