Progression de la vaccination en France - La Semaine Vétérinaire n° 1916 du 15/10/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1916 du 15/10/2021

Prévention

PHARMACIE

Auteur(s) : Par Céline Gaillard-Lardy

L’Observatoire national de la vaccination des animaux a présenté le 7 octobre dernier les niveaux de couverture vaccinale par espèces. Malgré de grandes disparités interespèces, la vaccination gagne du terrain et a permis de réduire l’utilisation des antibiotiques, notamment en élevage industriel.

La création de l’Observatoire national de la vaccination des animaux en 2019 avait deux objectifs : suivre les informations sur les taux de vaccination des animaux (bovins, ovins, caprins, porc, volailles, équins, chiens et chats) et sensibiliser les acteurs de la santé animale sur la nécessité de vacciner. Début octobre, les résultats ont été présentés pour la période 2017-2020. Le Syndicat de l’industrie du médicament et diagnostic vétérinaires (SIMV) a centralisé les données provenant de ses adhérents : les responsables techniques de chaque laboratoire ont déterminé la méthode de calcul du nombre d’animaux vaccinés pour chaque maladie, en fonction du protocole vaccinal, notamment primo-vaccination en une ou deux injections. Une analyse critique a permis de déterminer les taux de vaccination, pour chaque espèce et chaque maladie.

La vaccination occupe une part grandissante : aujourd’hui, les vaccins sont la première classe thérapeutique en France, avec près de 25 % en valeur du marché du médicament vétérinaire. Parallèlement à l’augmentation de la part de médecine préventive, celle des antibiotiques est passée de 17 % en valeur en 2013 à 9 % en 2020. La vaccination a donc eu un impact direct sur la consommation d’antibiotiques. Cette progression s’explique à la fois par l’essor de la médecine préventive et le dynamisme du secteur industriel, tourné vers l’innovation. Toutefois, les niveaux de couverture vaccinale sont très différents selon les espèces.

Forte couverture en élevage industriel

Les bovins montrent des taux de couverture vaccinale très différents selon les maladies : les vaccinations les plus pratiquées concernent les maladies respiratoires et notamment celles contre le virus syncytial bovin (BRSV, pour bovine respiratory syncytial virus) et le parainfluenza de type 3, avec une couverture vaccinale de 76 %. Côté pasteurelles, seuls 31 % des jeunes de moins de 1 an sont vaccinés. La vaccination des mères contre les diarrhées néonatales est stable autour de 20 %. En revanche, la vaccination contre la fièvre catarrhale ovine (FCO) se développe fortement chez les jeunes en raison des contraintes à l’exportation. Chez les ovins et caprins, les taux de couverture, assez bas, évoluent peu et restent très liés aux épisodes de maladies dans les cheptels : la meilleure couverture vaccinale est de 34 % chez les ovins et 38 % chez les caprins pour l’entérotoxémie. Chez le porc, la vaccination est la règle contre la parvovirose, le Mhyo et le PCV-2, avec des taux de couverture respectifs de 100 %, 100 % et 84 %. Même constat en production de volailles, où la vaccination occupe une place prépondérante, avec des taux de couverture proches de 100 % fréquemment constatés.

Marché des animaux de loisirs en progression

Dans le milieu équin, l’obligation vaccinale demandée par les instances sportives a permis d’obtenir des taux de couverture de plus de 65 % contre la grippe, mais aussi contre le tétanos, les deux valences étant souvent associées. Chez le chien et le chat, la couverture vaccinale progresse toujours. Près de 90 % des chiens médicalisés (environ 6,5 millions d’animaux) sont vaccinés contre la maladie de Carré et l’hépatite. En revanche, avec des taux de couverture inférieurs à 2 %, des progrès sont encore à faire dans la prévention de ces trois maladies : piroplasmose, leishmaniose et borréliose. Les chats bénéficient d’une moindre couverture vaccinale : seuls 38 % des chats médicalisés sont vaccinés contre le typhus et le coryza. Cependant, ces chiffres sont en progression.

Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr