Prévention des allergies chez le chien - La Semaine Vétérinaire n° 1916 du 15/10/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1916 du 15/10/2021

Dermatologie

FORMATION CANINE

Auteur(s) : Mylène Panizo

Conférencière

Céline Darmon, Dipl. ECVD, spécialiste en dermatologie, praticienne au centre hospitalier vétérinaire (CHV) Frégis, Arcueil (Val-de-Marne), et à Synervet, Le Grand-Quevilly (Seine-Maritime).

Article rédigé d’après une web conférence organisée par le CHV Frégis le 24 mars 2021.

La dermatite atopique canine (DAC) évolue par poussées, selon un rythme propre à chaque animal. Sa gestion est différente lors des crises et des phases de rémission. Lors d’une poussée, la priorité est de soulager l’animal au plus vite. En dehors, les objectifs du traitement consistent à éviter les rechutes en prévenant les facteurs de poussées.

La prévention antiparasitaire

Le premier facteur de poussée est l’infestation liée aux puces. Un traitement antiparasitaire toute l’année est recommandé. Un chien atopique présentant une poussée liée à la présence de puces pourra montrer des lésions évocatrices, notamment au niveau de l’ombilic – dyscoloration pilaire et cutanée témoignant d’un léchage excessif.

L’alimentation

L’alimentation est avant tout un outil diagnostic : l’instauration d’un régime d’éviction est le seul moyen pour diagnostiquer une allergie alimentaire, laquelle concerne entre 1 à 6 % des chiens prurigineux. Dans le cadre d’une DAC, le profil allergique évolue au cours du temps. Un chien atteint de DAC a 20 à 30 % de risques de développer une allergie alimentaire. Afin de limiter ces risques, il est conseillé de ne pas varier les sources protéiques. Il n’est pas nécessaire de donner une alimentation hypoallergénique à vie, cependant une nourriture de bonne qualité à visée de soutien cutané est fondamentale pour le maintien ou la restauration de la barrière cutanée.

Nourrir et hydrater la peau

La peau des chiens atopiques présente des anomalies de structure qui la rendent fragile, ce qui entraîne une pénétration facilitée et plus profonde des pathogènes et des allergènes. L’apport d’acides gras essentiels en topique est recommandé, tout comme l’utilisation de lotion hydratante.

Gestion des infections bactériennes et fongiques

Un autre facteur de poussées est l’infection bactérienne et/ou fongique. Les chiens atopiques présentent une dysbiose cutanée. De ce fait, leur système immunitaire a tendance à surréagir lorsqu’il est confronté à des bactéries. Entre deux poussées, le développement des infections est prévenu en utilisant des antiseptiques locaux comme la chlorhexidine et un antifongique comme le miconazole.

Les acariens

Les acariens constituent un autre facteur de poussées. Il peut être utile de nettoyer l’environnement, aérer les pièces et utiliser des acaricides. La désensibilisation est le seul traitement qui cible la cause de la dermatite atopique, elle permet de modifier la réponse immunitaire aux allergènes. Chez le chien, peu d’études permettent d’objectiver son efficacité, mais on considère qu’elle apporte une aide dans 66 à 75 % des cas, en élevant le seuil de prurit : les poussées sont moins fortes et moins fréquentes, ce qui permet de diminuer la charge médicamenteuse. Chez le chien, il convient de maintenir la désensibilisation au moins un an avant d’en évaluer l’efficacité. Si elle est jugée utile, elle est maintenue à vie.

Les traitements proactifs

L’utilisation de corticoïdes topiques, parmi lesquels l’acéponate d’hydrocortisone, est une autre façon de prévenir les poussées. Il est conseillé de les utiliser deux jours consécutifs par semaine sur les zones lésionnelles ou celles l’ayant été. Il s’agit d’une méthode efficace, mais il convient d’être vigilant car il y a un risque d’automédication. L’usage de corticoïdes topiques, bien que réputé sûr, peut parfois provoquer des effets secondaires importants, notamment fragilité cutanée et folliculite bactérienne.

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