Utilité des ponctions de paroi intestinale lors de lésion échographique - La Semaine Vétérinaire n° 1906 du 02/07/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1906 du 02/07/2021

Gastroentérologie

FORMATION CANINE

Auteur(s) : Tarek Bouzouraa

Lorsqu’une lésion intestinale est visualisée à l’échographie abdominale, un processus inflammatoire ou tumoral peut-être envisagé en première ligne. Le diagnostic de certitude appelle la réalisation de prélèvements à soumettre pour analyse morphologique. Actuellement, la réalisation de biopsies étagées est recommandée pour analyse histologique conventionnelle. Chez le chat principalement, des nouveautés techniques telles que l’immunohistochimie (IHS) ou le PARR (PCR for antigen receptor rearrangements) améliorent la sensibilité diagnostique pour les cas équivoques, c’est à dire lors d’hésitation entre un diagnostic de lymphome et de maladie inflammatoire chronique intestinale. Chez le chien, l’apport de l’immunohistochimie est également souligné en soutien de l’analyse histologique. Les examens aboutis et la procédure opératoire ou endoscopique pour les biopsies nécessitent un investissement financier important pour les propriétaires. La réalisation de ponctions écho-guidées à l’aiguille fine est une méthode de prélèvement simple, présentant l’avantage d’une accessibilité, une simplicité de réalisation et un coût limité. Cependant, cette modalité souffrirait d’un défaut de sensibilité limitant son exploitation. Une équipe médicale a proposé d’évaluer la pertinence diagnostique de l’analyse cytologique suite à des ponctions à l’aiguille fine lors de lésions intestinales1.

Modalités d’investigations

Cette étude rétrospective inclut 25 chiens et 19 chats adultes (de plus de 2 ans et demi). L’interprétation des analyses cytologiques cherche à identifier si l’échantillon soumis permet d’atteindre un diagnostic ou non. Les auteurs souhaitent également savoir si les données échographiques telles que l’épaisseur de la paroi intestinale, la localisation de la lésion et l’existence d’une perte d’échostructure pariétale ou si le nombre de lames soumises pour analyse peuvent avoir une influence sur la pertinence diagnostique de l’examen cytologique.

Une pertinence diagnostique pas si décevante

Au total, 30/44 échantillons (68 %) sont classés comme « techniquement interprétables » pour obtenir un diagnostic cytologique. L’échantillon a plus de chance de présenter une qualité adaptée si le nombre de lames soumises est important et si la lésion échantillonnée est épaisse à l’échographie. Les auteurs relèvent une pertinence diagnostique globalement prometteuse. En effet, parmi les 12 cas pour lesquels une analyse histologique est disponible au titre de diagnostic de certitude, 8/12 échantillons de bonne qualité permettent d’atteindre le même diagnostic (67 %), tandis que 3/12 (25 %) présentent une concordance partielle. L’analyse statistique révèle, sans grande surprise, que le nombre de lames soumises pour évaluation cytologique est corrélé à l’épaisseur de la lésion échantillonnée. Il paraît naturel qu’une lésion volumineuse soit aisément prélevée et justifie un plus grand nombre de lames soumises.

Des résultats permettant de définir des bases pour la suite

Peu d’informations étaient disponibles sur l’utilité des ponctions de lésion intestinale chez les animaux de compagnie et cette étude a le mérite d’apporter des premiers éléments de réponse. Ce travail fondateur mériterait d’être poursuivi chez chacune des 2 espèces, puisqu’il est présumé que l’analyse cytologique puisse ne pas apporter les mêmes informations chez le chat et chez le chien.

  • 1. Turner R.B.S., Liffman R., Woodward A.P. et coll., Assessment of the clinical usefulness of ultrasound-guided cytological specimens obtained from gastrointestinal lesions in dogs and cats, J Small Anim Pract., 2021;62(2):114-122
Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr