L'abandon sous surveillance - La Semaine Vétérinaire n° 1904 du 18/06/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1904 du 18/06/2021

Protection animale

ANALYSE CANINE

Auteur(s) : Par Lorenza Richard

Pour la première fois en France, une structure a été instaurée le 28 mai dernier afin de disposer de données consolidées et objectives sur le nombre d’abandons d’animaux de compagnie et ses causes. Éclairages du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Lancé le 28 mai, à l’initiative du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, l’Observatoire de la protection des animaux de compagnie se veut un outil de pilotage de la politique de lutte contre l’abandon des animaux de compagnie. Son but : fonder ces politiques sur de véritables outils de suivi, l’évaluation de l’abandon en France relevant jusqu’alors de simples estimations. Il intègre des représentants du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (MAA), des collectivités, des sociétés privées exerçant l’activité de fourrière, du Centre national de référence en bien-être animal, du gestionnaire du fichier national des carnivores domestiques, d’organisations pour la protection des animaux, de la profession vétérinaire – Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL), Conseil national de l’Ordre des vétérinaires (Cnov) et Association française des vétérinaires d’animaux de compagnie (Afvac) –, des livres généalogiques, des professions du chien et du chat, du syndicat des animaleries et jardineries et des fabricants des aliments des carnivores domestiques.

Un premier avis d’ici l’été

L’Observatoire se compose de trois parties indépendantes et complémentaires. Une base de données d’identification des carnivores collectera en continu des informations, afin de les extraire puis de les traiter. Une structure d’expertise, le Centre national de référence sur le bien-être animal (CNR BEA), les évaluera, répondra aux saisines du comité de pilotage et effectuera des recommandations sur la base de l’évaluation des données et des connaissances additionnelles. Enfin, le comité de pilotage, dont la composition évoluera selon les besoins, étudiera les analyses, rendra des avis au MAA et pourra réorienter le fonctionnement de la base de données et de l’analyse.

L’Observatoire fournira ainsi des analyses et recommandations au MAA afin, d’une part, de construire des indicateurs opérationnels et de suivre les effets des actions entreprises, et d’autre part, d’envisager des adaptations de la politique de lutte contre l’abandon des animaux de compagnie. Les premiers avis et recommandations seront rendus prochainement, et devraient, dans un premier temps, porter sur les données d’intérêt afin de consolider la base de données.

Un plan d’actions plus vaste

Cet observatoire entre dans le cadre du premier plan d’actions visant à lutter contre la maltraitance des animaux de compagnie présenté en décembre 20201. Il s’ajoute aux dispositifs du plan France Relance. Dans le cadre de ce plan, 1,2 milliard d’euros ont été consacrés à un volet agricole piloté par le MAA. Dans cette enveloppe, 20 millions d’euros, mobilisables jusqu’en 2022, sont consacrés au soutien de la structuration du réseau associatif via des financements de projets portés par des structures nationales (associations de protection animale et médecine vétérinaire solidaire). De plus, ils permettent l’accompagnement des associations locales de protection animale, indépendamment de leur taille, par une aide au financement de campagnes de stérilisation de chats ou de chiens (matériel, frais vétérinaires), et de travaux ou d’équipements pour des refuges pour animaux de compagnie et pour équidés. Ces aides peuvent être mobilisées pour des travaux de réparation et de modernisation de locaux existants ou pour la création de nouveaux refuges. À ce jour, 7 millions d’euros ont déjà été attribués pour plus de 245 projets locaux et nationaux.

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