VERS UNE AMÉLIORATION DE LA GESTION DES NOUVEAU-NÉS - La Semaine Vétérinaire n° 1903 du 11/06/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1903 du 11/06/2021

NÉONATALOGIE

PRATIQUE CANINE FÉLINE NAC

Auteur(s) : AMÉLIE MUGNIER

Dans un contexte d’essor de l’élevage des carnivores domestiques, la recherche en néonatalogie progresse et donne des clés aux vétérinaires praticiens pour adapter leur prise en charge des chiots et chatons. Passage en revue des principaux apports de la recherche pour la pratique.

La gestion des nouveau-nés chez le chien et le chat est rendue complexe par le faible niveau des connaissances en néonatalogie dans ces espèces. Malgré le besoin existant, le développement de ce domaine a commencé tardivement et reste lent car peu d’équipes de recherche travaillent sur le sujet. Néanmoins, des avancées significatives récentes contribuent à améliorer la qualité de la prise en charge des nouveau-nés canins et félins, et à réduire la mortalité postnatale.

L’autopsie, un examen utile

Prévenir la mortalité sans connaître son origine relève du miracle. Or, en pratique, le diagnostic des causes de mortalité néonatale et pédiatrique représente un véritable défi, car les signes cliniques sont faiblement évocateurs et généralement peu variés, voire inexistants. Pour y parvenir, le vétérinaire peut s’appuyer sur la réalisation d’examens post-mortem. Chez le chien, par exemple, a été mis en exergue que l’association entre différents examens post-mortem augmentait la probabilité d’établir un diagnostic (sur 112 chiens morts). Chez le chat, l’histologie permettrait d’aboutir à une conclusion dans deux tiers des cas (sur 116 chatons morts), avec des causes de mortalité et agents infectieux impliqués qui varient en fonction de l’âge des chatons (affections respiratoires et agents bactériens en période néonatale contre affections digestives et agents viraux en période pédiatrique). D’autres études sont en cours afin de définir les causes de mortalité néonatale les plus fréquentes chez le chien et le chat. Les connaissances ainsi accumulées devraient aider à la mise en place de procédures standardisées pour la réalisation des examens post-mortem chez les nouveau-nés, facilitant ainsi le travail du praticien confronté à un cas.

Identifier les animaux à risque

Le chien et le chat sont deux espèces nidicoles, les nouveau-nés naissent donc complètement dépendants de leur mère et le passage de la vie intra-utérine à la vie extra-utérine représente un défi majeur. Identifier précocement les individus présentant un risque accru de mortalité pour leur permettre de profiter, le plus tôt possible, d’une prise en charge adaptée est un élément indispensable pour limiter les pertes. Au cours des dernières années, des outils d’aide à la décision, simples, peu coûteux et facilement applicables sur le terrain, ont été développés sur la base de travaux scientifiques.

Une étude a mis en évidence que le taux de croissance entre J0 et J2 pouvait permettre d’identifier les nouveau-nés n’ayant pas bénéficié d’une prise colostrale adéquate et qui seront donc plus sensibles aux agents infectieux. Ainsi, chez les carnivores domestiques, ne pas prendre de poids au cours des deux premiers jours de vie est un facteur de mauvais pronostic contrairement à ce qui se passe chez le nouveau-né humain pour lequel une perte de poids au cours des 48 premières heures est considérée comme normale. Par ailleurs, comme chez les autres espèces animales, le « petit » poids de naissance a été identifié comme un facteur de risque de mortalité néonatale chez le chiot et le chaton. Sur la base de cette relation, l’équipe NeoCare de l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) a défini des valeurs seuils de poids de naissance permettant de repérer, dès la naissance, les nouveau-nés les plus à risque. Pour finir, le score Apgar couramment employé chez l’Homme pour évaluer la capacité de survie des nouveau-nés a récemment été adapté aux espèces canine et féline. Il permet de définir trois profils de nouveau-nés selon leurs fréquences cardiaque et respiratoire, la couleur de leurs muqueuses, leur motilité et leur réaction réflexe au pincement de l’extrémité des membres.

Sources bibliographiques : www.bit.ly/3zc5ei6

DES VALEURS DE RÉFÉRENCE POUR DÉTECTER DES SITUATIONS ANORMALES

Grâce au développement du numérique, des bases de données de grande taille (plusieurs centaines, voire milliers d’individus) ont pu être construites. La mortalité présevrage a été décrite et des valeurs de référence par race ont pu être calculées. Ces dernières peuvent permettre au praticien ou à l’éleveur de détecter des situations anormales. De la même manière, des références ont été identifiées pour d’autres paramètres zootechniques comme les performances de reproduction (prolificité, âge à la saillie, etc.) ou encore le poids de naissance.

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