L’ANÉMIE INFECTIEUSE DES ÉQUIDÉS CIRCULE EN EUROPE - La Semaine Vétérinaire n° 1903 du 11/06/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1903 du 11/06/2021

MALADIES

PRATIQUE MIXTE

FORMATION

Auteur(s) : MARINE NEVEUX

CONFÉRENCIER

AYMERIC HANS, responsable de l’unité physiopathologie et épidémiologie des maladies équines, Laboratoire national de référence pour l’anémie infectieuse des équidés, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), laboratoire de santé animale, site de Normandie.

D’après la web conférence présentée le 17 novembre 2020 dans le cadre des Journées sciences et innovations équines de l’Institut français du cheval et de l’équitation.

Le virus responsable de l’anémie infectieuse des équidés (AIE) est un rétrovirus, il appartient à la même famille que le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Une fois infecté, l’équidé l’est à vie et pourra le transmettre à ses congénères. L’AIE n’affecte que les équidés (cheval, âne, mulet, etc.). Des cas ont aussi été décrits chez les zèbres. À ce jour, il n’existe aucun traitement, ni préventif (vaccin) ni curatif.

Clinique

Les signes cliniques et l’incubation sont extrêmement variables et diffèrent d’un sujet à l’autre. L’incubation peut aller de quelques semaines à plusieurs mois. Dans la littérature, il est décrit que la maladie pourrait être en 3 phases : aiguë (avec anémie, œdème, fièvre, anorexie, saignements nasaux). Ces signes cliniques peuvent conduire à la mort de l’animal dans un pourcentage assez faible.

Si l’équidé se rétablit de cette phase aiguë, il rentre dans une seconde phase avec des épisodes récurrents. S’ensuit une phase chronique où il est asymptomatique, bien qu’infecté. Ces équidés constituent le réservoir du virus.

Le diagnostic de l’anémie est réalisé à partir d’une prise de sang sur laquelle on détecte des anticorps dirigés contre le virus (test de Coggins).

Transmission

La transmission du virus se fait par deux voies principales. Naturelle, par des piqûres d’insectes hématophages (stomoxes et taons en France) : ce sont des vecteurs mécaniques (le virus ne se réplique pas chez l’insecte qui ne transmet le virus que pendant quelques heures). La deuxième voie de transmission est la voie iatrogène, par le transfert de sang ou de plasma contaminé (seringue, aiguille) : cette voie de transmission est l’apanage d’interventions humaines.

L’anémie en France

La France recense plus 70 équidés positifs sur les 10 dernières années. En 2009, la proportion était élevée (21,79 %) et les chevaux appartenaient à la même structure. En 2018, elle était de 2,1 %, mais les 238 chevaux testés n’étaient pas issus de la même structure.

La localisation géographique révèle peu de cas dans le nord de la France ; la majorité des cas se situe au sud d’une ligne Bordeaux-Lyon, et notamment dans le Sud-Est. Des cas ont été signalés dans le Sud-Ouest ces dernières années, avec un important foyer dans le Gers.

Caractérisation des souches

Tous les isolats viraux sont peu ou prou les mêmes, ce qui semble indiquer que ces virus sont très proches et qu’ils ont un lien épidémiologique ou génétique entre eux (ce qui n’a pas été mis en évidence sur le terrain). Le virus circule donc en France.

En Europe

Au niveau européen, la Roumanie recense le plus de foyers - plus de 8 000 équidés séropositifs entre 2011 et 2018 -, la maladie y est donc endémique. L’Italie arrive en second (plus de 683 équidés positifs). Dans certains pays, le virus est vraiment sporadique.

Prévenir

Afin d’éviter la contamination et la dissémination du virus, il est indispensable d’utiliser des seringues et des aiguilles stériles. Et il est conseillé de réaliser un test diagnostic pour l’AIE avant l’achat et/ou l’entrée de tout nouvel équidé dans une structure professionnelle ou amateur.

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