À TRAVERS LES FILTRES - La Semaine Vétérinaire n° 1903 du 11/06/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1903 du 11/06/2021

ÉDITO

Auteur(s) : MARINE NEVEUX

Fonctions : Rédactrice en chef

« Pour le meilleur et pour le pire ! » Voici le monde d’interdépendances où nous vivons, comme a aimé à le rappeler Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, lors de la récente assemblée mondiale des délégués de l’Organisation mondiale de la santé animale1 (OIE). L’occasion de mettre en lumière l’interdépendance des vivants et de leur milieu, et de marteler la nécessité d’intégrer la faune sauvage dans la réflexion sur la santé et l’environnement. Une évidence pour les vétérinaires rodés à cette approche globale.

Des évidences que la pandémie semble nous rappeler. Mais est-ce acquis à l’échelle individuelle, et collective ? Car la prévention d’autres pandémies passe par la sensibilisation de tous. Comment communiquer auprès du public sur ces enjeux et zoonoses ? Vaste sujet, ô combien complexe. Des chercheurs américains ont interrogé plus de 1 500 personnes2, et montré que les filtres culturel et politique du public ont un lien avec la perception du risque zoonotique. Ils interviennent sur l’efficacité de la communication, ce qui complexifie le message. Et pourtant, une communication scientifique efficace peut influencer l’action individuelle. Mais l’angle du message n’a pas le même effet selon la cible. Ainsi, parmi les groupes aux valeurs individualistes, des résistances s’expriment à l’encontre des réglementations sur le commerce et les mouvements d’espèces sauvages. Les chercheurs concluent à la pertinence de cibler des populations distinctes pour atteindre les objectifs de gestion collective et éloigner le spectre d’autres pandémies. Communiquer sur la santé et l’environnement, pour le meilleur, et ainsi éviter le pire !

1. Lire en pages 10 et 11 de ce numéro.

2. www.bit.ly/3x61YCV

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