Y VOIR CLAIR DANS LES COMPTES ANNUELS - La Semaine Vétérinaire n° 1902 du 04/06/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1902 du 04/06/2021

FINANCES

ENTREPRISE

Auteur(s) : JACQUES NADEL

Vous avez en main les comptes annuels de votre entreprise et souhaitez en retirer l’essentiel des enseignements. Pour ce faire, il est indispensable de savoir décoder les différents niveaux de résultat et leur logique.

Une des principales missions de l’expert-comptable est la présentation des comptes annuels à son client, matérialisée par la remise d’une attestation lui indiquant qu’il n’a relevé aucune anomalie susceptible de remettre en cause la cohérence et la vraisemblance de ses comptes. Il effectue à cette occasion une synthèse économique et financière de sa mission en lui présentant les ratios clés du compte de résultat de l’année écoulée. Parmi eux, le résultat net comptable livre le verdict annuel, car il est un indicateur significatif de la bonne santé de l’entreprise.

Le résultat net

Le résultat net comptable est en fait la compilation de trois autres résultats segmentés : le résultat d’exploitation, le résultat financier et le résultat exceptionnel, tout aussi importants et révélateurs de la santé de l’entreprise. Le lien entre eux est donné par cette équation comptable pour une société à l’IS : résultat net = résultat d’exploitation + résultat financier + résultat exceptionnel - impôt sur les sociétés - participation des salariés.

« C’est le cumul de trois résultats – le résultat d’exploitation, le résultat financier et le résultat exceptionnel –, diminué de l’impôt sur les sociétés, le cas échéant, qui correspond au bénéfice ou à la perte de l’exercice », explique Amélie Bouttemy, expert-comptable du cabinet AdequA. Ce montant est ensuite repris au passif du bilan comptable dans les capitaux propres, sur une ligne intitulée Résultat de l’exercice.

Il est utile de décortiquer chacun d’eux.

Le résultat d’exploitation

Tout d’abord, le résultat d’exploitation. Il est sans doute l’élément le plus important du compte de résultat, car il traduit la performance de l’activité de l’entre­prise. Un résultat d’exploitation négatif est un très mauvais signe, même si le résultat net de l’exercice est positif, car cela signifie que l’entreprise a perdu de l’argent sur son activité. Le résultat d’exploitation doit normalement être la clef de voûte du bénéfice de l’entreprise et être suffisamment positif pour couvrir les éventuels déficits des deux suivants (résultat financier et résultat exceptionnel).

Il comprend tous les produits liés au chiffre d’affaires et toutes les charges (achats, frais de personnel, fournitures de bureau, etc.) engagées pour réaliser ce CA. Ce résultat n’est impacté par aucun coût de financement de l’entreprise. Si elle a investi, ce qui est presque impératif pour pouvoir produire, on trouve également en charge des amortissements des matériels, ou immobilisations dans le jargon comptable. Il semble fondamental que ce résultat soit positif, car il note la performance de rentabilité sur l’activité exercée.

Le résultat financier

Vient ensuite le résultat financier. Souvent, il apparaît comme déficitaire, en particulier pour les entreprises endettées (emprunts en cours, découvert bancaire). Dans ce résultat, on retrouve les charges financières liées aux intérêts d’emprunt ou de découvert ou sur comptes courants d’associés. C’est la raison pour laquelle il est souvent négatif, à moins d’avoir une trésorerie abondante qui produit au travers de placements des revenus financiers supérieurs aux charges d’intérêts. Ce scénario est plus rare lorsque les taux d’intérêt rémunérateurs de placement sont bas comme c’est le cas actuellement.

Le résultat exceptionnel

Troisième élément, le résultat exceptionnel, pour lequel il est difficile de définir une liste exhaustive de ce qu’il comporte. Les opérations exceptionnelles comprennent les produits et les charges qui n’ont pas de lien avec l’activité normale de l’entreprise. Le résultat exceptionnel impacte le résultat de l’exercice mais il ne trouve pas sa source dans l’activité courante. Citons, dans ce résultat, les plus et moins-values réalisées sur les cessions d’immobilisation, les produits reçus au titre de sinistres ou les sommes dues suite à un litige. Il peut donc être très fluctuant, tant dans le positif que dans le négatif selon les années.

Comprendre les analyses sans les fausser

« L’examen du compte de résultat permet de déterminer si le résultat net dégagé provient de l’activité même de l’entreprise, de sa situation financière ou d’éléments exceptionnels », résume Amélie Bouttemy. Ainsi, une perte importante n’aura pas la même signification si elle est due à la destruction d’un bien par une tempête (événement exceptionnel) ou si elle est associée à une forte baisse de la marge commerciale.

Finalement, le résultat net comptable n’est pas ce qu’il faut regarder en priorité, même si, à l’évidence, il revêt son importance de globalité. Il s’avère, en effet, que ce résultat peut varier en raison de motifs particuliers qui faussent les analyses. Toutefois, il est essentiel que le résultat d’exploitation soit la source du bénéfice et en capacité de couvrir le coût du financement matérialisé dans un résultat financier, qui peut être négatif, et une éventuelle perte exceptionnelle.

Il est donc essentiel de bien comprendre comment se forme le résultat de l’exercice. Une entreprise peut très bien générer du profit sur son activité tout en étant pénalisée par sa politique financière, le résultat d’exploitation n’étant pas suffisant pour supporter les frais financiers.

Les éléments à caractère exceptionnel impactent plus ou moins fortement le résultat de l’exercice et peuvent donc complètement fausser le résultat net d’un exercice, voire d’autres éléments si des mouvements y figurent à tort.

Se comparer aux autres

Pour favoriser une bonne analyse, le compte de résultat peut aussi être stratifié en différents niveaux intermédiaires, appelés soldes intermédiaires de gestion. « Sur cette base, il est important pour un dirigeant de compa­rer ses propres données à celles d’autres entreprises de son secteur, de même taille ou de même typologie, à partir des statistiques professionnelles qui lui sont communiquées », détaille cet expert-comptable. Attention aussi de comparer des comptes comparables ! « Ainsi, en entreprise individuelle, la rémunération de l’exploitant n’est pas comptabilisée, en principe, elle fait partie du bénéfice. Alors que dans une société, celle du dirigeant est incluse dans le poste rémunération », prévient-elle. Pour une bonne comparaison, un retraitement s’impose donc.

QUEL EST VOTRE PROFIL ?

Pour le savoir, utilisez votre compte de résultat et ce tableau, puis sélectionnez le personnage correspondant à votre situation.

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