LES PREMIERS PAS DE VPT AU SAMU SOCIAL DE PARIS - La Semaine Vétérinaire n° 1902 du 04/06/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1902 du 04/06/2021

SOLIDARITÉ

ANALYSE

Auteur(s) : TANIT HALFON

Vétérinaires pour tous s’est concrétisé avec le lancement de consultations vétérinaires solidaires dans les locaux du Samu social de Paris. Ce projet pilote vise à proposer un suivi sanitaire des animaux de personnes sans domicile fixe, en mettant particulièrement l’accent sur la médecine préventive.

Le 20 mai, les locaux du Samu social de Paris dans le 12e arrondissement ont accueilli leurs premières consultations vétérinaires sous la bannière de Vétérinaire pour tous (VPT). Pour l’occasion, la présidente de l’association régionale VPT, Servane Hochet, ainsi que son vice-président, Bruno Tessier, également président du conseil ordinal régional Île-de-France-DOM, se sont relayés pour prodiguer les soins aux animaux de personnes sans domicile fixe (SDF), avec l’appui d’un groupe d’étudiants de l’École nationale vétérinaire d’Alfort (ENVA). Comme l’explique Jacques Guérin, président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires (CNOV), ce dispositif est la concrétisation des unités mobiles de soins vétérinaires solidaires (USVS), prévues dans le cadre du plan de relance gouvernementale, et le volet C du plan de soutien à l’accueil des animaux abandonnés et en fin de vie1. « Il s’agit d’être capable de se projeter dans un endroit, de réunir des moyens permettant de médicaliser les animaux. Cela se fera au Samu social avec une certaine récurrence qui reste encore à déterminer, souligne-t-il. Mais nous commençons également à avoir des demandes de la part de mairies d’agglomérations d’Île-de-France, qui pourraient mettre à notre disposition des locaux temporaires pour assurer des consultations vétérinaires similaires à celles que nous proposons aujourd’hui. » En outre, il n’est pas exclu d’envisager d’autres types d’actions pour ces unités mobiles. « On s’adaptera à la demande des mairies », explique le président de l’Ordre.

Une logistique à définir

À ce stade, au Samu social, l’heure est encore au rodage : quel est le matériel minimum à amener pour les consultations ? Quels types de consommables prévoir ? En quelle quantité ? Comment gérer les stocks ? Et autres questions techniques. « Différentes solutions seront testées, c’est l’objet de la phase pilote, précise Jacques Guérin. L’assise juridique des actes vétérinaires réalisés repose sur le praticien en exercice, adhérent VPT. Il mobilisera ses moyens propres en matière de pharmacie vétérinaire au même titre que lorsqu’il agit sur les lieux de détention des animaux. Les moyens plus lourds seront mis à disposition par VPT. » Dans ce cadre, l’idée serait de disposer de « valises » prêtes à l’emploi dédiées aux unités de soins mobiles. Par ­ailleurs, il est envisagé d’acquérir un véhicule destiné aux ­unités mobiles, qui serait utile pour déplacer le matériel en fonction des demandes des collectivités territoriales. Quant aux créneaux de consultation, c’est le jeudi après-midi qui a été choisi, et l’usage en dictera la fréquence ; toutefois le minimum visé serait deux après-midi par mois. De plus, un deuxième site de consultation est déjà envisagé dans l’Ouest parisien. La question de la permanence et de la continuité des soins est aussi à prendre en compte. « Pour ce qui est des consultations proposées au Samu social, cela a été raisonné avec l’ENVA, et les structures vétérinaires adhérentes au dispositif à proximité. En cas de déplacement dans une mairie, nous le ferons en bonne intelligence et en collaboration et coopération avec le vétérinaire local. Encore une fois, c’est le réseau VPT de tous les établissements de soins qui est visé. » À noter qu’à ce stade, et pour ce dispositif en particulier, il n’est pas prévu de compensation financière pour les vétérinaires, qui font donc don de leurs honoraires.

Des étudiants motivés

Du côté des étudiants, la motivation est bien là, en témoignent les sept étudiants présents ce jour. Avec une organisation qui se met en place : un bureau de gestion de VPT à Alfort a été créé et échange avec les instances professionnelles. Comme l’expliquent Quentin Reuet et Pauline Gaulmin, deux étudiants du bureau, l’objectif est de créer une branche associative junior de VPT à Alfort, et à terme de la décliner dans toutes les ENV. Cette branche sera particulièrement impliquée dans le dispositif puisqu’elle participera à la gestion des stocks et à l’organisation pratique des séances, indiquent les deux étudiants. À l’ENVA, selon un sondage réalisé par le bureau, ce sont environ 300 étudiants qui seraient motivés par l’action VPT au Samu social. « Nous sommes confiants pour le lancement. Pour la suite, il y aura certai­nement des périodes plus délicates, comme celles de vacances et de partiels », précisent-ils. La création de l’association VPT Junior aidera aussi à sensibiliser les étudiants et à garder une motivation intacte sur le long terme.

1. www.bit.ly/3wNEGSn

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