INTÉRÊT ET UTILISATION DE LA LAPAROSCOPIE - La Semaine Vétérinaire n° 1901 du 28/05/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1901 du 28/05/2021

MATÉRIEL

PRATIQUE CANINE FÉLINE NAC

Auteur(s) : JOACHIM LAHIANI*, EVA THOUVENOT OUDART**, CYRILL PONCET***

Fonctions :
*ASSISTANT EN CHIRURGIE, CENTRE HOSPITALIER VÉTÉRINAIRE (CHV) FRÉGIS, ARCUEIL (VAL-DE-MARNE)
**ANCIENNE INTERN AU CHV FRÉGIS
***SPÉCIALISTE EN CHIRURGIE (DIPL. ECVS), CHV FRÉGIS

La laparoscopie offre une alternative moins invasive à la laparotomie, pouvant s’avérer utile et accessible en pratique généraliste canine. Elle permet la réalisation d’une variété d’actes chirurgicaux, diagnostiques, thérapeutiques ou de convenance.

La laparoscopie, ou coelioscopie abdominale, est une solution mini-invasive destinée à des fins diagnostiques ou thérapeutiques de la cavité abdominale. Elle repose sur l’insufflation abdominale de gaz (CO2), maintenu à une pression suffisante pour obtenir une distension abdominale permettant la visualisation et la manipulation des tissus. Cette approche répond à une demande grandissante des propriétaires.

Des outils spécifiques

La laparoscopie nécessite un matériel spécifique, centré sur une colonne à laparoscopie (photo). Celle-ci regroupe un écran, un système d’acquisition vidéo couplé à une caméra, une source de lumière et un insufflateur de gaz. Le laparoscope en tant que tel est un instrument reliant la caméra à la source de lumière. Lors d’une laparoscopie, des trocarts sont mis en place pour la réalisation de ports instrumentaux et optiques au travers de la paroi abdominale : les premiers ports permettent l’insertion d’instruments pour la manipulation des tissus, et les seconds l’entrée du laparoscope pour la visualisation des tissus environnants.

Les instruments utilisés en laparoscopie permettent la manipulation, la section ou la suture de tissus : il s’agit de pinces de préhension ou à biopsies, de ciseaux et de pinces à fusion tissulaire (photo). Une boîte de matériel chirurgical de base reste néanmoins nécessaire pour placer les trocarts et suturer en fin d’intervention. La stérilisation du matériel spécifique est généralement réalisée via une solution désinfectante à froid.

Des applications multiples

Parmi les indications les plus accessibles de laparoscopie, on trouve : les ovariectomies, l’ablation de testicules ectopiques, les gastropexies préventives ou encore les laparoscopies exploratrices. D’autres indications existent mais requièrent davantage d’expérience : les ablations d’organes complexes (ovariohystérectomies, cholécystectomies, lobectomies hépatiques, néphrectomies, adrénalectomies), les pexies (colopexies, cystopexies), les traitements de kystes prostatiques ou pancréatiques ou encore les actes à visée diagnostique (biopsies hépatiques, intestinales, ponctions de bile).

Se former

La laparoscopie offre plusieurs avantages comparée à une laparotomie : elle est moins invasive, réduit les risques septiques, offre une meilleure visualisation et peut avoir un intérêt dans la réduction de la douleur ou du temps opératoire. En limitant les cicatrices, elle permet le plus souvent d’éviter le port d’une collerette en postopératoire. Elle exige toutefois un certain investissement, tant en termes d’équipement que de formation, et requiert une certaine courbe d’apprentissage pour être pratiquée avec aisance. Des formations postdoctorales sont disponibles, moyennant une trentaine d’heures de formation.

À noter que le matériel décrit peut être complété pour permettre la réalisation d’arthroscopies ou thoracoscopies.

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