EFFETS POSITIFS D’EXTRAITS DE PÉPINS DE RAISIN - La Semaine Vétérinaire n° 1900 du 21/05/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1900 du 21/05/2021

POULES REPRODUCTRICES DE CHAIR

PRATIQUE MIXTE

FORMATION

Auteur(s) : TANIT HALFON

Les souches actuelles de poules reproductrices de chair ont des niveaux élevés de consommation lorsqu’elles sont nourries à volonté, non sans conséquences négatives : poids vif élevé, difficultés au déplacement, etc. La maturité sexuelle est plus précoce, avec ovulations multiples, baisse de la fertilité et réduction de la qualité des œufs. Pour les limiter, les éleveurs pratiquent une restriction alimentaire. Cette solution est aussi néfaste, car source d’agressivité et de hausse du stress. Dans ce contexte, des chercheurs ont tenté d’évaluer l’effet d’extraits de pépins de raisins (EPR) sur les poules, et leur descendance, car ils sont riches en composés phénoliques, connus pour leurs propriétés antioxydantes et leur capacité à réduire la prise alimentaire et l’engraissement. Ont été inclus dans l’étude 384 poussins femelles de type chair de l’unité expérimentale du pôle d’expérimentation avicole de Tours. De la 1re à la 4e semaines, les animaux ont été nourris à volonté et divisés en deux groupes : un témoin et un supplémenté en EPR à 1 % du poids de l’aliment (A). À partir de la 4e semaine, tous les animaux ont été soumis à une restriction alimentaire, et ceux du groupe témoin divisés en 3 groupes : témoin (T), supplémenté en EPR 0,5 % (B) et EPR 1 % (C).

Une réduction de la croissance sans modification de l’ingéré

Une supplémentation en EPR a un effet significatif sur le poids, de la phase de démarrage à la ponte, sans diminution de l’ingéré, et sur l’engraissement pendant deux périodes clés, la croissance et la préponte. Dans le détail, les animaux du lot A présentent une réduction significative de 6 % de leur poids par rapport au lot T, sans que ce soit associé à une diminution de la prise alimentaire. Les phases de croissance et de pré-ponte sont associées respectivement à une réduction de 9 % et 7 % du poids. Pour l’engraissement, il n’y a pas de différence en période de démarrage. Pendant la croissance et la pré-ponte, il y a une différence significative entre les lots A et C. En parallèle, sont notées une baisse significative de la concentration en triglycérides pour le lot A et une inhibition de la lipogenèse depuis la naissance. Le niveau de stress oxydatif est réduit pour tous les groupes supplémentés par rapport au témoin. La concentration en calcium augmente dans le groupe A en période de démarrage, de croissance et de pré-ponte. La supplémentation est significativement associée à une augmentation du poids des descendants à l’éclosion (groupes A et B) et à 10 jours d’âge (groupes A, B et C), par rapport au groupe T.

Des œufs de meilleure qualité

La supplémentation, quel que soit le groupe, est également associée à une diminution significative du nombre d’œufs doubles. A partir de la 26e semaine, les œufs des groupes supplémentés sont de plus grande taille que ceux issus du groupe témoin, sans modification de leur poids. L’élasticité de la coquille des œufs des groupes B et C est plus importante que pour le groupe T. À partir de la 33e semaine, le poids de l’albumen est plus élevé pour les œufs des groupes supplémentés. Le poids du jaune est plus élevé pour le groupe A, par rapport au groupe C, mais sans différence avec le groupe témoin. Côté taille, seule la longueur des œufs est différente, avec des œufs plus longs pour les groupes B et A. Pour ces deux groupes, l’élasticité de la coquille est plus importante. Aucune différence n’est notée en ce qui concerne la quantité d’œufs pondus, mais aussi pour plusieurs paramètres de fertilité.

Article rédigé d’après deux conférences des 13e Journées de la recherche avicole et palmipèdes à foie gras (2019), Effets d’extraits de pépins de raisons sur les paramètres métaboliques chez les poules reproductrices et Effets d’extraits de pépins de raisins sur les performances de reproduction des poules reproductrices de souche chair, Barbe A., Mellouk N., Rame C. et coll.

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