ANTICIPER POUR PRÉPARER SA RETRAITE - La Semaine Vétérinaire n° 1899 du 14/05/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1899 du 14/05/2021

PATRIMOINE

ENTREPRISE

Auteur(s) : CHRISTELLE FOURNEL

En matière de retraite, le maître mot est l’anticipation, associée à une stratégie adaptée pour répondre à ses objectifs de revenus. Pour compléter sa retraite de base, plusieurs solutions d’investissement peuvent être envisagées, l’idéal étant de diversifier au maximum ses approches.

Que l’on soit associé, travailleur non salarié ou salarié d’une structure vétérinaire, la question se pose de la même manière : comment vais-je financer ma retraite ? Il s’agit ici de réfléchir aux différentes options disponibles pour maximiser son revenu futur. Bien entendu, lorsqu’on est praticien associé, la partie obligatoire des cotisations permet d’assurer un niveau basal de revenu pour la retraite. Mais l’écart entre le revenu en tant que travailleur actif et ce montant de retraite, est à ce point important qu’il peut être utile de prendre d’autres options pour préparer au mieux son départ en retraite.

Se préoccuper de sa retraite commence dès… la classe préparatoire ! Sachez que vous pouvez racheter vos trimestres de classe préparatoire et d’école vétérinaire si vous avez étudié en France (à l’étranger, cela reste spécifique du pays concerné), mais vous avez toute votre vie professionnelle pour engager cette démarche. Un simulateur de rachat existe1.

Dans tous les cas, n’oubliez pas de garder tous les documents fournis par vos employeurs (contrats, fiches de paie, attestation d’employeur, etc.). Conservez-les dans un endroit sûr, il va falloir qu’ils vous suivent durant une quarantaine d’années !

Dès que vous rentrez dans la vie professionnelle, il s’agit de se demander d’où viendront les sources de revenu lorsque vous serez retraité. Pour y répondre, il peut être utile de dresser un tableau approximatif de vos flux de revenus futurs, qui dépendront de l’évolution de votre activité professionnelle : pensez-vous rester salarié la majeure partie de votre vie professionnelle ? Aurez-vous votre propre structure vétérinaire ? Génèrerez-vous un patrimoine qui vous permette de gagner des revenus additionnels ? Aimez-vous épargner ? Avez-vous une appétence pour le risque financier et l’investissement ? À combien estimez-vous vos dépenses lorsque vous serez retraité ? En fonction de toutes ces réponses, il vous faudra creuser chacune des pistes.

Peut-être aurez-vous besoin de clarifier un peu votre vie professionnelle avant d’y répondre. C’est pourquoi vous pouvez commencer simplement, en constituant une épargne de précaution qui vous permettra dans un premier temps d’anticiper les évènements de la vie. Si vous possédez toujours cette épargne lorsque vous décidez votre « plan de retraite », vous pourrez la verser sur une assurance vie ou tout autre investissement.

Optimiser ses revenus

De manière générale, les règles de base en finance s’appliquent à la gestion de votre retraite : l’argent qui dort s’appauvrit ! Investissez donc dès que possible, pour acheter par exemple votre première résidence principale. Investissez aussi rapidement dans d’autres projets immobiliers quitte à emprunter : l’objectif sera alors de neutraliser les remboursements d’emprunts grâce aux rentrées d’argent escomptées. Retenez qu’en matière d’investissements, l’idéal est de diversifier son portefeuille, et donc d’avoir différentes sources de revenus pour la retraite. Si un projet devait échouer, vous ne remettrez ainsi pas votre avenir en question.

Certaines solutions d’épargne vous permettent de défiscaliser par la même occasion. Les plus connus sont l’assurance vie et le contrat retraite Madelin. Le plan d’épargne retraite individuel (ou PERI) accueille les anciens produits dits Madelin et plan d’épargne retraite populaire (Perp). Dans ce cadre, la constitution de retraite complémentaire est restituée sous forme de rente viagère, d’un capital ou d’un mix des deux, en parallèle des retraites obligatoires, tout en bénéficiant d’une déduction fiscale des primes versées. L’effort d’épargne est ainsi en partie financé par une économie d’impôt. Mais ce contrat ne peut être racheté : l’argent est bloqué jusqu’à l’âge légal de départ à la retraite. D’autre part, les capitaux accumulés sur le contrat Madelin ne sont pas transmis à vos héritiers. Ce système est donc intéressant pour les hauts niveaux de revenus, imposés donc à une tranche marginale élevée.

Pour les salariés, il existe également le PER d’entreprise collectif (Pereco) qui succède à l’ancien Perco et le PER d’entreprise obligatoire (PERO) qui succède aux contrats dits article 83.

Enfin, la loi Pinel est l’investissement parfait lorsque les revenus sont stables et que l’on peut anticiper son montant d’impôt sur le revenu. Mais attention, la période d’engagement est longue : 6, 9 ou 12 ans.

N’hésitez pas à prendre conseil auprès de votre banque attitrée et de plusieurs gestionnaires de patrimoine afin de recouper les informations.

Ne pas négliger la fin de carrière

Si vous êtes déjà d’un âge mûr, vérifiez sur votre compte Retraite que vos informations sont bien correctes. Vos enfants ont-ils bien été comptabilisés ? Votre service militaire est-il bien mentionné ? etc.

Quatre à six mois avant le début de votre retraite, certaines formalités doivent être effectuées : liquidation des droits auprès des organismes de retraite, gestion de l’employeur ou des associés, point sur les contrats d’assurance, la mutuelle. Avez-vous droit à des indemnités de fin de carrière (si vous êtes salarié) ou à un accompagnement au départ à la retraite (si vous êtes travailleur indépendant) ? Si vous cotisez à la Caisse autonome de retraite et de prévoyance des vétérinaires (CARPV), adressez un courrier au service allocataire ou un mail, trois mois avant la date d’effet souhaitée. Enfin, regardez où en est votre épargne retraite - plan d’épargne d’entreprise (PEE), PER entreprise, Perco, Perp, Madelin, assurance vie, etc. Attention, si vous avez une société civile immobilière (SCI) dans le cadre de votre activité de praticien libéral, vous avez probablement envisagé de vendre votre clinique et de garder vos locaux pour générer un revenu supplémentaire à la retraite. Ce pari est risqué car une structure vétérinaire a un aménagement spécifique intéressant pour notre seule profession. Il suffira au repreneur de trouver des locaux mieux aménagés, moins cher et à proximité des vôtres pour que vous perdiez cet avantage.

À tout moment, vous pouvez consulter votre situation retraite et faire des simulations en consultant le site gouvernemental dédié2.

1. www.bit.ly/2Rv2qLs

2. www.bit.ly/3vOTm2L

S’ADAPTER FACE AU CHANGEMENT

Enfin, en janvier 2020, la ministre des Solidarités et de la Santé et son secrétaire d’État chargé des retraites ont présenté un projet de loi organique relatif au système universel de retraite et un projet de loi instituant un système universel de retraite. Il s’agirait notamment de mettre fin aux 42 régimes existants, comme les régimes spéciaux, au profit d’un système universel par répartition qui fonctionnerait selon des points. Ce système serait plus redistributif et inclurait des mécanismes de solidarité permettant d’alléger l’impact des aléas de la vie personnelle et professionnelle sur la retraite : pension minimale de retraite d’au moins 85 % du SMIC net pour une carrière complète, harmonisation des dispositifs de solidarité, avec notamment une majoration en points de 5 % accordée par enfant, dès le premier enfant, indexation des points acquis sur les salaires et non sur l’inflation, prise en compte de la pénibilité, des carrières longues et des spécificités de certaines professions, harmonisation des régimes de réversion, etc. Les informations mentionnées ici peuvent se révéler inexactes à l’avenir, donc n’hésitez pas à reprendre tous les points mentionnés dans ce texte et vérifier la législation en vigueur.

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