L’OABA fête ses 60 ans - La Semaine Vétérinaire n° 1898 du 07/05/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1898 du 07/05/2021

Protection animale

ANALYSE MIXTE

Auteur(s) : Par Marine Neveux

Le webinaire 60 ans d’actions : victoires et enjeux futurs pour les animaux de ferme s’est tenu le 17 avril dernier afin de célébrer l’engagement de l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir.

L’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir (OABA) a été créée le 17 avril 1961 par Jacqueline Gilardoni qui a consacré quarante ans de sa vie à la cause animale. Pour célébrer cet anniversaire, un webinaire organisé le 17 avril dernier – 60 ans d’actions : victoires et enjeux futurs pour les animaux de ferme – a permis de dresser le bilan de ces années d’actions pour en faveur de la protection des animaux.

Dès le début de l’association, la profession vétérinaire est très représentée dans le conseil d'administration de l’OABA. Cette association a permis bien des avancées pour la cause animale, en témoigne par exemple le succès de l’interdiction de l’amputation de la dernière phalange chez les volailles, ou encore l’introduction de l’étourdissement dans les abattoirs, via le décret de 1964 dit « d’abattage humanitaire ». En 1965, l’OABA obtient la reconnaissance du statut d’association reconnue d’utilité publique (RUP). Comme le rappelle Alain Monod, vice-président, la spécificité de l’OABA est d’être dirigée par des personnes qui connaissent l’animal, comme l’illustre notre confrère Jean-Pierre Kieffer, vétérinaire et président depuis vingt ans, et son successeur Manuel Mersch, vétérinaire praticien et pompier volontaire.

Des actions de terrain

L’association se bat pour faire évoluer la réglementation des animaux d’élevage. Avec aussi une action de terrain marquée et portée par Frédéric Freund, directeur, et une action juridique pour faire évoluer la réglementation et les pouvoirs publics.

Depuis 2013, environ 1000 animaux sont recueillis chaque année, avec un triste record en 2020 et la prise en charge de 1780 animaux de ferme. C’est une charge financière lourde. Les animaux retirés sont placés dans des fermes partenaires, dont celles du Troupeau du bonheur qui compte aujourd’hui plus de 428 animaux. Selon Manuel Mersch, cette mission est essentielle : prendre en charge les troupeaux, les animaux, accompagner la misère humaine et animale et faire remonter les problèmes du terrain.

Informer le consommateur

Un des rôles phares de l’OABA est aussi d’informer le consommateur : notamment avec les mentions du mode d’élevage sur les boîtes puis sur les œufs eux-mêmes, et avec le développement de l’Étiquette bien-être animal. Selon Anaïs Gonzalez, ingénieure agronome, chargée de mission scientifique, il est nécessaire de faire évoluer les bonnes pratiques pour le bien-être des animaux mais aussi des opérateurs. « Des abattoirs font appel à nous », comme le distributeur Carrefour pour qui l’OABA réalise des audits dans tous ses abattoirs fournisseurs. C’est une démarche d’amélioration continue. L’OABA signe des conventions avec des distributeurs et intervient dans des groupes de concertation, avec par exemple le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL), l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev), etc. Notre confrère Michel Courat a développé des grilles d’audit pour les abattoirs.

Alors peut-on envisager l’avenir avec optimisme ? « Je suis confiant avec l’équipe et aussi parce que petit à petit nos parlementaires prennent conscience de l’importance de la condition animale dans la société », estime Manuel Mersch. Rendez-vous est donné lors de la prochaine assemblée générale de l’OABA, en septembre.

Un livre « rétrospective »

À l’occasion de ses vingt ans de présidence, Jean-Pierre Kieffer a écrit bénévolement un livre, 60 années de protection des animaux, de la naissance à l’abattage, véritable rétrospective de toutes les actions de l’OABA.

Préfacé par Allain Bougrain-Dubourg, cet ouvrage illustré de 165 pages retrace six décennies de protection des animaux de ferme. Il revient sur les combats et les victoires de l’OABA en faveur des « bêtes d’abattoirs », ces êtres sensibles que l’homme destine à sa consommation.

Cette histoire de l’OABA est celle d’une femme, Jacqueline Gilardoni, déterminée à faire progresser les conditions d’abattage des animaux. Les actions de cette association se sont prolongées bien après les quarante années de présidence de sa fondatrice et se prolongeront au-delà des vingt années de présidence de Jean-Pierre Kieffer.

C’est aussi l’histoire de la protection animale, du milieu du XXe siècle à nos jours, l’histoire de femmes et d’hommes qui œuvrent pour améliorer les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux.

Aujourd’hui, la condition animale est une préoccupation importante pour les citoyens et de nombreuses associations. L’OABA a été précurseur et reste une référence dans la protection de ces animaux de ferme.

Audrey Groensteen

Le livre peut être commandé sur le site de l’OABA. Tous les bénéfices sont intégralement reversés à l’association.

Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr