SAVOIR POUR AGIR ? - La Semaine Vétérinaire n° 1895 du 16/04/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1895 du 16/04/2021

ÉDITO

Auteur(s) : MARINE NEVEUX

Fonctions : Rédactrice en chef

Le coronavirus OC43 du rhume chez l’homme a probablement émergé à la fin du XIXe siècle d’un coronavirus bovin. Faut-il le rappeler ? « Savoir, c’est-à-dire prévoir pour agir », selon Henri Bergson. Sujet de philo pour les confinés ou déconfinés de l’épreuve du bac ? À l’heure où la pensée scientifique est souvent étouffée par le vacarme ambiant et dissonant, il serait tentant de plancher sur le sujet. Il est d’ailleurs agréable d’entendre notre confrère Gilles Salvat1, directeur général délégué de l’Anses, rappeler les missions de cette institution : connaître, évaluer, protéger.

Les coronavirus sont des virus familiers des vétérinaires et des scientifiques dans plusieurs espèces animales. L’animal, indissociable de l’homme… Comme l’illustrent des modèles animaux, notamment le hamster et le furet - espèces sensibles au Covid-19 - qui appuient des études pré­cliniques, lesquelles permettent de sélectionner des molécules, tels les anticorps monoclonaux. Le modèle hamster a ainsi permis de bien décrypter les mécanismes de l’anosmie et de mieux comprendre la porte d’entrée du virus. L’animal, sujet d’étude intéressant aussi quand la transmission du virus via l’environnement ou encore la notion de réservoirs épidémiologiques posent question.

Il convient également de comparer, « pour retirer des informations qui peuvent aiguiller sur des corona­virus émergents », comme l’explique Nicolas Eterradossi, de l’Anses. Si les coronavirus sont en général inféodés à une espèce, ils sont dotés d’un potentiel évolutif important (accumulation de mutations, possibilité de recombinaisons) qui leur permet de franchir la barrière d’espèce. La vaccination des animaux d’élevage nous apprend aussi que l’émergence de variants est un processus de diversification « normal », mais en élargissant le spectre de la vaccination, pour s’adapter aux variants, « la vaccination successive par différents vaccins contribue à élargir le spectre de la réponse immunitaire ».

Les instruments scientifiques existent. Et nous pourrions conclure, à l’instar de notre même philosophe, que « l’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire ».

1. Lors du rendez-vous presse du 7 avril 2021, Un an de pandémie : décrypter les liens étroits entre la santé humaine et la santé animale. Disponible en replay : www.bit.ly/2QfFVcS

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