PRIMUM NON NOCERE - La Semaine Vétérinaire n° 1892 du 26/03/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1892 du 26/03/2021

ÉDITO

Auteur(s) : VALENTINE CHAMARD

Fonctions : Cheffe de rubrique

Tri des déchets, regroupement des commandes, réflexion sur les protocoles de désinfection, construction écoresponsable, préférence pour le made in France, etc., la démarche vis-à-vis de l’impact environne mental des structures est en marche pour nombre de vétérinaires. Ces actes de consommateurs sont plutôt faciles à appréhender puisqu’ancrés dans la vie de chaque citoyen. La conséquence des prescriptions est plus difficile à analyser, surtout en médecine des animaux de compagnie où les doses sont faibles et utilisées à l’échelle individuelle. Rien de plus courant que de prescrire un antiparasitaire par exemple, et pourtant il est vraisemblable que ce geste ne soit pas anodin pour l’environnement, renforcé par l’augmentation de la population d’animaux de compagnie et de leur médicalisation. S’ils sont encore peu nombreux, des articles commencent à être publiés sur l’incidence environnementale des molécules vétérinaires. Une étude anglaise vient ainsi de montrer la présence à des taux inquiétants de fipronil et d’imidaclopride dans les rivières, dont les traitements appliqués sur les chiens et chats pourraient être à l’origine. L’Agence européenne des médicaments a de son côté mené en 2020 une consultation publique pour examiner l’impact environnemental des antiparasitaires destinés aux animaux de compagnie, tandis que l’Anses vient de lancer une enquête sur le rôle joué par les chiens dans l’antibiorésistance. Le petfood n’est pas épargné non plus du fait des enjeux qu’il fait peser sur l’environnement. Pour le soignant, l’équation entre procurer des soins sûrs et efficaces à l’animal tout en ne nuisant pas à l’environnement est donc à ce stade difficile à résoudre. Dans l’attente des résultats d’études indépendantes et de solutions alternatives adéquates, les spécialistes recommandent d’avoir recours aux molécules potentiellement écotoxiques de façon de plus en plus raisonnée.

1. Voir dans ce numéro l’analyse p. 20 à 22 et le dossier p. 34 à 39.

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