CLINIQUES VÉTÉRINAIRES ET PETITS DONS : UN DUO GAGNANT POUR LA CAUSE ANIMALE ? - La Semaine Vétérinaire n° 1892 du 26/03/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1892 du 26/03/2021

EXPRESSION

LA QUESTION EN DÉBAT

Auteur(s) : CHANTAL BÉRAUD

Lors du paiement des achats, une simple pression sur la touche verte du terminal de carte bancaire envoie quelques centimes ou euros sur le compte d’une bonne cause animale. De plus en plus de cliniques vétérinaires proposent à leurs clients cette pratique, validée par le Conseil national de l’Ordre vétérinaire.

UN PETIT DON EST QUASI « INDOLORE » !

ALEXIS CARADET

Directeur des opérations de la plate-forme digitale HeoH

Notre société HeoH déploie une solution digitale sécurisée de collecte de dons sur terminal de paiement des commerçants, depuis 2018. Par ce biais, actuellement, près de 500 cliniques vétérinaires collectent déjà des dons en faveur de diverses causes animales. Car une clinique vétérinaire est l’un des lieux les plus efficaces en matière de collecte de dons, avec un taux d’acceptation de l’ordre de 70 %. Par ailleurs, cette action donne encore plus de sens au métier des vétérinaires et de leurs assistantes. Les praticiens sont également libres de changer, en soutenant par la suite d’autres associations s’ils le souhaitent. Au final, tout le monde est donc gagnant via une solution digitale simple, sécurisée et complètement gratuite pour le commerçant. Généralement, ce sont les associations qui démarchent les cliniques vétérinaires. Chaque association peut donc proposer le site d’endossement à ses commerçants pour faciliter l’inscription de la solution de don1. Quant à notre commission, elle tourne autour de 9 à 12 % selon les types de collectes et les montants réalisés.

LA MAJORITÉ DES CLIENTS SONT CONTENTS DE DONNER

PATRICK HAYOT (TURIN 96, ITALIE)

Praticien en canine à Nice (Alpes-Maritimes)

Comme notre clinique fait partie du GIE d’Univet, j’ai été directement contacté par l’association qui en dépend : Univet Nature. Son trésorier, Alain Moussu, nous a montré des vidéos lors d’une visioconférence pour nous sensibiliser aux causes animales qu’il défend, essentiellement en zone tropicale – Madagascar, Indonésie, Malaisie, etc. Du coup, on a décidé de tester cette formule de petits dons. Mais au départ, j’ai eu un problème, car je n’osais rien demander à mes clients en caisse : je cliquais en effet sur non, la touche rouge du terminal bancaire, à leur place ! Puis je suis enfin parvenu à passer ce cap et je constate aujourd’hui que la majorité des propriétaires d’animaux donnent volontiers. C’est rapide à leur expliquer en quelques mots. Et s’ils veulent en savoir plus, nous leur disons de consulter le site Internet d’Univet Nature. Quant à nos assistantes vétérinaires, elles sont très fières de notre engagement. Au début, on parvenait à collecter environ 10 euros par mois, alors qu’aujourd’hui les montants mensuels recueillis sont plutôt de l’ordre de 200 à 250 €.

NOUS COLLECTONS EN MOYENNE 10 EUROS PAR JOUR

WIM VERBIEST (GAND 96, BELGIQUE)

Praticien mixte à Rive-de-Gier (Loire)

Avec mon épouse, nous sommes très sensibles aux causes de soutien à la Nature. Cependant, notre clinique est située dans la vallée du Gier, dans une zone géographique qui ne fait donc pas partie des plus riches de France. Du coup, comme nos clients trouvent parfois déjà que les frais vétérinaires sont chers, nous avions un peu peur de leurs réactions vis-à-vis d’une demande de petits dons. Mais au final, ils sont bien 70 % à accepter, même si souvent ils ne donnent pas à chaque consultation… Cela fait plaisir de voir qu’ils nous font confiance. Nos assistantes participent aussi volontiers à cette action, car nous sommes tous certains que l’argent collecté pour Univet Nature va soutenir sur place des projets concrets visant à aider des populations à mieux vivre ensemble avec les animaux sauvages qui les entourent, via des programmes de reforestation, de lutte contre le braconnage, d’éducation à l’environnement. Et à terme, préserver la biodiversité, c’est aussi un moyen de combattre l’émergence de pandémies, le réchauffement climatique, etc.

1. www.bit.ly/3tvtN60

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