COMMENT ABORDEZ-VOUS LES MESURES DE LA LSA POUR LE BÉTAIL ? - La Semaine Vétérinaire n° 1888 du 26/02/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1888 du 26/02/2021

EXPRESSION

LA QUESTION EN DÉBAT

Auteur(s) : AMANDINE CLÉMENT

La nouvelle loi de santé animale (LSA)1, validée par la Commission européenne, doit entrer en application à partir du 21 avril 2021. Ce texte européen modifie notamment la classification des maladies animales, ce qui va impacter les modalités de leur gestion sanitaire. Ainsi, les exigences concernant la fièvre catarrhale ovine (FCO), maladie dont la France n’est pas indemne vis-à-vis des sérotypes 4 et 8, vont évoluer pour les échanges européens de ruminants.

1. www.bit.ly/3pplSEN

DES CONTRAINTES SUPPLÉMENTAIRES

SYLVAIN BERNARDET (N 09)

Vétérinaire praticien mixte à Montrevel-en-Bresse (Ain)

Le département de l’Ain concentre un nombre important d’animaux qui attendent principalement un départ vers l’Italie, mais aussi l’Espagne. Or, la menace FCO est faible dans notre région1. C’est pourquoi jusque-là nous pratiquions une vaccination avec le sérotype 8 pour les animaux destinés à l’Italie selon le protocole bilatéral convenu entre nos deux pays, ce qui permettait un départ 10 jours après la seconde injection, soit 30 jours après la primo-injection. Avec la LSA, les 81 jours annoncés représentent donc plus de deux fois ce délai ! Certes, il s’agit d’une harmonisation cohérente des règles européennes, mais ce timing crée des contraintes supplémentaires qui vont perturber la circulation du bétail, donc le marché. Les élevages qui pratiquent la pension ou la préparation sanitaire auront un turn-over ralenti, car les animaux restaient souvent moins de 80 jours. Et les éleveurs, prévenus en urgence, devront assumer un calendrier exigeant et une modification de leurs habitudes.

1. www.plateforme-esa.fr

NOUS N’AVONS PAS LE CHOIX

BERTRAND GUIN (L 84)

Vétérinaire praticien rural à La Clayette (Saône-et-Loire)

Concernant la FCO, nous n’avons pas le choix. Les Italiens, qui ont besoin de nos broutards, et les Français, qui souhaitent fluidifier le commerce, avaient signé un accord bilatéral qui réduisait le délai à 10 jours. Il est désormais caduc. Il faut nous référer au règlement européen1 fondateur, point ! D’ailleurs, selon moi, la règle selon laquelle les animaux échangés doivent être vaccinés depuis 60 jours contre tous les sérotypes présents sur le territoire français aurait dû être remplie depuis l’arrivée de la maladie en France. À l’annonce de cette nouvelle LSA, nous avons donc informé nos éleveurs avec l’aide des OVVT (organisations vétérinaires à vocation technique) et des organisations professionnelles agricoles afin de procéder à cette vaccination dans les temps. Il s’agit d’une des missions officielles de délégation de service public des vétérinaires officiels privés (VOP)2 qui est importante pour notre profession.

1. www.bit.ly/3dlOg8n

2. www. bit.ly/2ZKJokY

ACCOMPAGNER SANS IMPOSER

JULIEN CLÉMENT (T 04)

Vétérinaire mixte à dominante rurale à Hasparren (Pyrénées-Atlantiques)

La gestion de la FCO est une thématique sensible de longue date. Nous informons toujours nos éleveurs, sans imposer. Pour les veaux de boucherie, jusqu’à l’été dernier, les opérateurs commerciaux privilégiaient le test PCR chez les veaux de moins de 14 jours mais la recirculation du virus remet régulièrement cette technique en question au profit de la vaccination qui, bien que nécessaire, alourdit le calcul économique pour cette filière dont les cours sont souvent très bas. Or, parmi les élevages, il y a deux profils : entre l’éleveur qui achète son renouvellement de troupeau et vend des veaux issus d’un croisement avec une race à viande et celui qui élève ses génisses en race pure laitière, le coût de la vaccination va du simple au double avec, dans le second cas, une plus grosse dépense pour une moindre valorisation des veaux. La situation est donc nébuleuse pour tous les acteurs concernés.

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