« UNE INSTANCE RÉACTIVE, PERTINENTE ET INDÉPENDANTE » - La Semaine Vétérinaire n° 1887 du 19/02/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1887 du 19/02/2021

ACADÉMIE VÉTÉRINAIRE DE FRANCE

ANALYSE

Auteur(s) : TANIT HALFON

Dans la continuité du travail effectué depuis le début de la crise du Covid-19, l’Académie vétérinaire de France ambitionne de montrer l’image d’une instance active et ancrée dans la société.

Restructuration de son organisation, remaniement de son site internet, multiplication des communiqués de presse… L’Académie Vétérinaire de France (AVF) évolue, et le fait savoir. Entretien avec son nouveau président, Jean-Pierre Jégou.

Votre présidence va de pair avec le nouveau plan stratégique de l’AVF pour les années 2021-2024. Comment le caractériseriez-vous ?

Le dernier plan datait de 2013-2017. Il a constitué le socle à partir duquel nous avons mis en place une nouvelle organisation plus transversale, avec la création actée en janvier dernier de six nouvelles commissions - Zoonoses et One Health, Physiopathologie comparée et Innovations thérapeutiques, Biodiversité, International, Relation Hommes-Animaux, Formation. Un groupe de travail sur les maladies émergentes, en liaison étroite avec l’Académie de médecine, est également très actif. La restructuration des comités - Communication, Prix de l’AVF, Éthique et déontologie, Statutaire et recrutement, Ressources- est en cours. J’insisterai particulièrement sur le comité des prix. La remise des prix est une mission académique bien connue et appréciée des jeunes vétérinaires. C’est l’occasion de mettre en avant la grande variété des thèmes abordés par les vétérinaires, et plus spécialement quand c’est sous l’angle de la recherche. Ce projet doit accompagner l’ambition de l’AVF pour une visibilité accrue à travers une mobilisation permanente de ses membres.

À titre personnel, j’attends beaucoup d’un nouveau groupe de travail sur les données scientifiques que génère notre profession. Elles devraient contribuer à alimenter la recherche clinique. Il convient de s’intéresser à l’épidémiosurveillance chez les animaux de compagnie en cette période de Covid-19, mais aussi à des données plus générales qui relèvent des compétences du vétérinaire.

Vous avez défini comme priorité de « mieux faire entendre la voix de l’AVF ». Que voulez-vous dire ?

Chacun a pu le constater, l’AVF a été très présente pendant la première année de Covid-19, avec 18 communiqués de presse sur 24 dédiés ce sujet, un avis en commun avec l’Académie nationale de médecine (ANM), et une séance commune le 3 décembre 2020 qui a mobilisé plus de 650 internautes. Jean-Luc Angot, mon prédécesseur et ancien directeur adjoint de la DGAL (Direction générale de l’alimentation) et de l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) était parfaitement dans son rôle, et Jeanne Brugère-Picoux a assuré l’articulation entre l’AVF et l’ANM. En 2020, nos interventions ont contribué à obtenir l’autorisation des laboratoires d’analyses départementaux, de recherche et privés à participer à cette lutte contre le Covid-19. Ils vont contribuer en 2021 au dépistage des variants du Sars-CoV-2 et les entreprises pharmaceutiques vétérinaires ont proposé de fabriquer des vaccins sous licence. Elles ont participé également à la nomination attendue d’un vétérinaire au sein du Conseil scientifique Covid-19. Nous souhaitons continuer dans cette dynamique avec notre capacité de veille et de réaction à l’actualité.

Le site internet, avec sa restructuration et son nouveau graphisme, contribue à mettre en avant cette dynamique, et nous inscrit davantage sur le terrain médiatique, en tant que source d’informations actualisées et originales. Les documents disponibles, issus de la cellule Coronavirus-Covid-19 toujours active sous la direction de Marc Dhenain, le montrent bien. En tant aussi qu’instance indépendante : à l’opposé des positions souvent non maîtrisées par la connaissance scientifique de nombreuses associations ou lobbies, sur son site internet, l’Académie met à la disposition des citoyens des informations établies sur des bases scientifiques et réglementaires, en dehors de tout parti pris idéologique.

Mais l’Académie, ce sont aussi des vétérinaires impliqués professionnellement dans la recherche, et actuellement responsables de sept projets vétérinaires de recherche sur le Covid-19 attribués par l’ANR (Agence nationale de la recherche) ou l’Union européenne.

JEAN-PIERRE JÉGOU Président de l’Académie Vétérinaire de France (AVF)
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