PARI - La Semaine Vétérinaire n° 1883 du 22/01/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1883 du 22/01/2021

ÉDITO

Auteur(s) : TANIT HALFON

Fonctions : Rédactrice

“En France, les classes préparatoires aux grandes écoles sont synonymes d’excellence, et associées à la méritocratie. En 2009, le rapport de Bernard Vallat sur le parcours de formation initiale des vétérinaires prônait le maintien de ce dispositif : « Le niveau d’excellence et l’homogénéité de la formation des classes préparatoires BCPST sont des atouts forts pour la suite du cursus. » Il rejetait aussi l’idée de classes préparatoires intégrées, vues comme une voie vers une formation de vétérinaires techniciens, au détriment d’une stratégie d’excellence. Deux ans plus tard, un avis de l’Académie vétérinaire de France propose une tout autre approche. « À moyen terme, il est proposé un changement radical du mode de recrutement des étudiants dans les écoles vétérinaires. Avec le remplacement du concours d’entrée sur épreuves, dans sa forme actuelle, par un autre mode de sélection plus performant, faisant appel aux résultats obtenus à la fin des études secondaires et à un entretien. » Un peu plus de dix ans plus tard, c’est finalement le souhait des académiciens qui se réalise : pour la première fois, une partie des places des écoles nationales vétérinaires seront accessibles directement après l’obtention du baccalauréat1, soit 20 % des effectifs. Est-ce la fin de l’excellence vétérinaire à la française, comme le craignent certains, voire les prémices d’une perte d’influence des vétérinaires ? C’est vite oublier que d’autres voies de recrutement existent déjà pour les écoles vétérinaires, à l’instar d’autres grandes écoles. C’est vite oublier aussi que les facultés vétérinaires de nos voisins européens ne recrutent pas par l’intermédiaire d’un système de classes prépa. Cette voie répond également à un enjeu fort de diversification du profil des étudiants. Ceci dit, il faut également avoir en tête qu’une autre histoire aurait pu être écrite. En effet, outre la recherche de la diversité, l’autre objectif de la réforme est de réduire la durée des études vétérinaires, estimée à sept ans et demi pour la France, contre cinq à six ans pour les autres pays européens. Organiser un concours véto en fin de première année de la classe préparatoire2 aurait pu être une réponse. Elle n’a pas été retenue. L’avenir nous dira si le pari de la voie post-bac a été gagné. En attendant, restons sur un point positif : les épreuves d’entretiens de cette nouvelle voie ne pourraient-elles pas contribuer à éviter quelques désillusions, avec des jeunes davantage conscients de leurs projets professionnels ? La réponse en 2027.”

1. Lire dans ce numéro l’article des pages 10-11.

2. La classe préparatoire BCPST (biologie, chimie, physique et sciences de la Terre) dure deux années.

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