« LE CANCER PEUT ÊTRE UNE MALADIE CHRONIQUE COMME UNE AUTRE » - La Semaine Vétérinaire n° 1883 du 22/01/2021
La Semaine Vétérinaire n° 1883 du 22/01/2021

LIBRAIRIE

PRATIQUE CANINE FÉLINE NAC

Auteur(s) : VALENTINE CHAMARD

Démystifier le cancer. C’est la philosophie des deux auteurs d’un ouvrage consacré à l’oncologie qui paraît aux éditions du Point Vétérinaire, avec comme fil rouge faciliter l’accès des vétérinaires généralistes aux dernières données de la science pour les assister dans le diagnostic et le traitement des tumeurs du chat et du chien.

Valence Vieillevigne (L 14) et Cyril Parachini-Winter (N 14, diplomate ACVIM-oncologie), praticiens dans la région de Montréal (Canada), sont les auteurs du livre Cancérologie clinique du chien et du chat, l’un des premiers ouvrages francophones consacrés à l’oncologie vétérinaire.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Valence Vieillevigne : Notre objectif était de proposer un livre novateur, en français, qui permette un accès rapide à un maximum d’informations. C’est pourquoi la présentation sous forme de fiches synthétiques a été choisie pour décrire les principales tumeurs et molécules de chimiothérapie et traitements associés. Notre volonté était aussi que les propriétaires soient le mieux informés possible de toutes les options disponibles, pour qu’ils puissent prendre leurs décisions en connaissance de cause. Le vétérinaire peut ainsi avoir recours à ce livre pour leur donner l’information la plus complète possible, maximisant ainsi les chances de prolonger la durée et la qualité de vie de l’animal. Afin d’épauler les praticiens, nous avons aussi créé une partie sur les principales urgences rencontrées lors de la gestion de patients cancéreux, comme les désordres hématologiques ou les syndromes paranéoplasiques.

Quels sont les évènements récents marquants de la discipline ?

Cyril Parachini-Winter : Le développement de tests génétiques à visée diagnostique ou pronostique, comme cela existe depuis longtemps en cancérologie humaine, est l’une des grandes avancées en oncologie vétérinaire de ces dernières années (mutation du gène c-kit pour divers mastocytomes du chien et du chat, mutation du gène BRAF pour les carcinomes vésicaux et prostatiques du chien, test de clonalité pour différencier des lymphomes de proliférations lymphoïdes inflammatoires, par exemple). Côté traitement, la première chimiothérapie entièrement développée par des vétérinaires a été mise sur le marché récemment : le Tanovea (rabacfosadine), qui fonctionne très bien en première intention ou en sauvetage pour les lymphomes canins. Les inhibiteurs de tyrosine kinase sont aussi en plein essor, avec de plus en plus de molécules étudiées chez les animaux (en plus du tocéranib ou du masitinib – médicaments vétérinaires –, l’imatinib ou le dasatinib ont par exemple été testés avec des résultats encourageants) et de plus en plus d’applications décrites (mastocytomes bien sûr, mais aussi tumeurs neuroendocrines, carcinomes nasaux et oraux, etc.). Je crois aussi beaucoup à l’essor de l’immunothérapie. Le vaccin contre la protéine HER2 de l’ostéosarcome canin utilisant comme vecteur Listeria monocytogenes1 est un exemple prometteur. Une étude préliminaire récente montre qu’il pourrait, associé aux traitements conventionnels, presque doubler la durée moyenne de survie des chiens atteints d’ostéosarcomes appendiculaires. La création de groupes d’études tel qu’un consortium regroupant une vingtaine d’universités américaines (The Comparative Oncology Trials Consortium, COTC2), supervisé par le National Cancer Institute, a permis de développer des études se rapprochant davantage de celles faites en cancérologie humaine. Cela contribue au développement de l’oncologie comparée.

Le cancer est-il devenu une maladie chronique comme une autre ?

V. V. : Pour la majorité des cas, absolument. Dès lors que la prise en charge est adéquate et rapide, il est possible d’envisager le cancer comme une maladie qui pourra être accompagnée pendant plusieurs mois, voire années, tout dépendant du type de cancer bien entendu.

C. P.-W. : Je considère qu’il y a toujours quelque chose à envisager à la suite d’un diagnostic de cancer, que ce soit un traitement agressif à visée curative, ou palliatif pour améliorer la qualité et l’espérance de vie, à quelques exceptions près.

1. www.bit.ly/39LEdpA

2. www.bit.ly/2XNHU8M

L’ouvrage regorge de fiches pratiques et de présentations de démarches didactiques.

Cancérologie clinique du chat et du chien, de Valence Vieillevigne et Cyril Parachini-Winter, Les Éditions du Point Vétérinaire, collection Manuel pratique, 26 × 18,5 cm, 464 pages, 99 € TTC.

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