Oubliées de la terre - La Semaine Vétérinaire n° 1868 du 25/09/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1868 du 25/09/2020

LIVRE

COMMUNAUTÉ VÉTÉRINAIRE

Auteur(s) : MICHEL BERTROU

Nous vivons presque tous en ville et rêvons de plus en plus d’une vie à la campagne, proche de la nature. Ainsi peut-on remarquer que la ruralité est à la mode dans les librairies de France comme d’Espagne. Mais de quelle manière ?, s’interroge la vétérinaire et écrivaine andalouse María Sánchez. Elle note que la majorité de cette littérature est écrite par des hommes et des citadins. « Notre monde rural a besoin d’autres mains pour l’écrire », affirme-t-elle. Se définissant comme une simple praticienne travaillant au quotidien en milieu rural, cette trentenaire est fille et petite-fille de vétérinaires. Si ces figures paternelles furent ses premiers modèles, elle a depuis réalisé combien le milieu dont elle est issue et où elle exerce est mal connu, déprécié… et combien cette discrimination concerne avant tout les femmes. « Sans elles pourtant le monde rural n’existerait pas », estime-t-elle. Soucieuse de sortir la ruralité de ses clichés paternalistes et de redonner une visibilité à celles qui y travaillent, notre consœur donne l’exemple dans ce livre énergique qui prend la forme inédite d’un manifeste de féminisme rural et, dans sa seconde partie, d’un récit littéraire plus intime où elle rend hommage à ses aînées (arrière-grand-mère, grand-mère et mère) perçant les liens qui ont uni ces femmes à leur terre, elles qui ont toujours pensé que ce qu’elles faisaient n’avait aucune valeur. Et María Sánchez d’inventer sa propre langue, sensible, pour redonner une voix à leur silence.

La Terre des femmes de María Sánchez, Rivages, 200 pages, 14 x 20,5 cm, 18 €.

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