UN ARBRE DÉCISIONNEL À LA STÉRILISATION - La Semaine Vétérinaire n° 1867 du 18/09/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1867 du 18/09/2020

PRATIQUE CANINE FÉLINE NAC

Auteur(s) : TANIT HALFON

L’université de Californie vient de publier deux études sur l’impact de la stérilisation, auxquelles sont associés des outils pratiques d’aide à la décision pour le praticien.

Cela fait quelques années que la faculté vétérinaire de l’université de Californie alimente le débat sur la stérilisation des chiens. En 2013, elle avait fait parler d’elle en publiant une étude montrant que la stérilisation était associée à un risque accru de développement de tumeurs et de troubles articulaires chez les golden retrievers. Cette année, elle a récidivé en publiant en juillet dernier deux nouvelles études. Une première (étude n°1), menée sur 3 139 chiens croisés (dont 1 105 entiers), montre que le risque d’apparition d’au moins un problème articulaire (dysplasie de l’épaule, dysplasie du coude, rupture du ligament croisé crânial) est présent pour les chiens croisés de plus de 20 kg. Par exemple, les mâles pesant entre 20 et 29 kg ont presque 2 fois plus de risque de présenter au moins un trouble articulaire quand ils sont stérilisés avant 11 mois. Dans une deuxième étude (étude n° 2), ce sont les données de 35 races de chiens qui sont passées en revue. Suivant les races, le nombre de chiens inclut dans l’étude oscille de 86 (irish wolfhound) à 1 933 (labrador). Il en ressort que le risque de développer ces mêmes problèmes articulaires ou un cancer1 est racedépendant, voire sexe-dépendant. Néanmoins, ce risque accru ne concerne finalement qu’un nombre limité de races. Par ailleurs, les chiens de petite taille sont peu concernés, qu’ils soient stérilisés ou laissés entiers.

Le choix dépend de la race et du poids

Pour les auteurs, ces résultats doivent inciter à faire évoluer les pratiques. De fait, en se basant sur les données de chaque étude, ils proposent un tableau d’aide à la décision de stérilisation suivant le poids de l’animal ou la race (cf. tableau ci-dessous). Pour certaines races et sexes, le tableau indique de ne pas stériliser. C’est le cas du dobermann mâle et du golden retriever femelle, pour lesquels les auteurs précisent de les laisser entiers à un an et de rester vigilant pour les cancers. Attention cependant à ceux qui seraient tentés d’extrapoler ces résultats à des races non étudiées mais proches génétiquement : il n’est pas possible d’exclure des variabilités. Pour exemple, dans l’étude, le caniche mâle de taille standard stérilisé à 1 an avait 6 fois plus de risque de développer un cancer (surtout lymphome) qu’un mâle entier. Ce risque était absent chez le caniche miniature qui, lui, avait un risque accru de troubles articulaires (surtout rupture du ligament croisé crânial) quand la stérilisation était faite entre 6 et 11 mois d’âge.

1. Lymphome/lymphosarcome, hémangiosarcome, mastocytome, ostéosarcome.

Étude no 1 : Hart B. L., Hart L. A., Thigpen A. P. et coll., Assisting Decision-Making on Age of Neutering for Mixed Breed Dogs of Five Weight Categories : Associated Joint Disorders and Cancers, Front. Vet. Sci., 31 July 2020. www.bit. ly/33l5zjc

Étude no 2 : Benjamin L. Hart,1,* Lynette A. Hart,2 Abigail P. Thigpen et coll., Assisting Decision-Making on Age of Neutering for 35 Breeds of Dogs : Associated Joint Disorders, Cancers, and Urinary Incontinence, Front Vet Sci. 2020; 7: 388. www.bit.ly/2DTcF5Y

Attention, les différences sont significatives uniquement quand la comparaison est faite entre tous les chiens stérilisés, quel que soit le trouble articulaire ou le cancer, et les chiens entiers.

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