FORMATION À DISTANCE, À POURSUIVRE APRÈS LA CRISE DU COVID 19 ? - La Semaine Vétérinaire n° 1867 du 18/09/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1867 du 18/09/2020

EXPRESSION

LA QUESTION EN DÉBAT

Auteur(s) : CHANTAL BÉRAUD

Le confinement dû au Covid-19 accélère la dynamique des formations proposées en ligne. Avec quelles différences, quels avantages ou au contraire avec quelles limites par rapport à une formation suivie en présentiel ?

« OUI À CERTAINS TYPES DE FORMATION EN LIGNE… »

VANESSA CABAJ (A 1999)

Praticienne canine à Saint-Germainsur-Morin (Seine-et-Marne)

J’ai expérimenté de nombreuses formations en présentiel mais peu en ligne car, a priori, ce concept sans interaction ne me convainquait pas. En septembre 2019, j’ai suivi la formation présentielle en physiothérapie, chez le Dr Valérie Guigardet. La suite était prévue en mars 2020 avec la formation « préparation physique du chien de sport ». En raison du confinement, elle a été faite en ligne, sous la forme de modules répartis sur 4 jours. De manière surprenante, j’ai trouvé cette formation en ligne très motivante. La mise en place d’un « chatbot » a permis de la rendre interactive, vivante et intellectuellement plus stimulante ! Nous avons pu poser nos questions au Dr Valérie Guigardet. Sondages et questionnaires ont également été effectués en ligne. Au final, je reste attachée aux formations en présentiel mais la réalisation de modules de formation complets et interactifs comme ceux du Dr Valérie Guigardet méritent de se développer et semblent, dans la situation sanitaire actuelle, une alternative incontournable.

« LE CONFINEMENT M’OBLIGE À ÊTRE CRÉATIVE ! »

SOPHIE LAURENT (L 1988)

Spécialisée en conseil, coaching et formation à Cap’Vet (Gironde)

D’ordinaire, ce sont les cliniques vétérinaires qui m’appellent lorsqu’elles sont confrontées à un problème : je me rends alors sur place pour réaliser un audit, et dans les solutions envisagées, il y a souvent des offres de formation en présentiel. Depuis le confinement, je propose des visioconférences, dites d’intelligence collective (action learning), en coachant des groupes qui réfléchissent pour résoudre un problème pratique que leur soumet un vétérinaire, le but étant d’aboutir à un plan d’action. Coacher par l’intermédiaire d’un écran me demande beaucoup plus de concentration, et il m’est moins facile d’observer ce qui est de l’ordre de la communication non verbale ! À distance, il faut des séquences plus courtes. L’idéal, si la situation sanitaire le permet, serait de parvenir à construire une offre qui alterne des modules en présentiel et d’autres en ligne. Il me faudra être inventive : il faut par exemple modifier les jeux de rôle, ainsi ce qui concerne les jeux de cartes créatives n’est plus possible à distance, etc.

« L’AVENIR EST AUX FORMATIONS HYBRIDES »

RAPHAËL GUATTEO (N 2001)

Enseignant-chercheur à Oniris (école vétérinaire de Nantes)

Je pense que la formation continue des vétérinaires alternera des temps à distance et des temps en présentiel. À distance et en ligne, par exemple, peuvent être abordés avec les confrères les aspects théoriques (du type physiologie), permettant l’apprentissage des prérequis que le praticien aura l’avantage de pouvoir faire quand il veut, et à son propre rythme. En outre, cela réduit les temps de trajet et d’absence de leurs cliniques, qui rendent parfois difficile leur venue aux formations… Tout ce qui est de l’ordre du savoir peut ainsi s’envisager à distance. Mais pour acquérir du savoir-faire, on ne pourra pas faire l’impasse d’un temps en présentiel. C’est obligatoire par exemple pour apprendre à exécuter certains gestes et savoir comment agir en situation réelle, avec les moyens de contention à disposition (ou non !). Pour moi, ces deux formes d’apprentissage ne sont donc pas à opposer : il faut en revanche savoir comment les conjuguer, sans aller jusqu’à une formation 100 % à distance.

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