BILAN DE LA SURVEILLANCE DES VIRUS INFLUENZA A CHEZ LE PORC - La Semaine Vétérinaire n° 1866 du 11/09/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1866 du 11/09/2020

ÉPIDÉMIOLOGIE

PRATIQUE CANINE FÉLINE NAC

FORMATION

Auteur(s) : TANIT HALFON

Depuis 2011, le réseau d’épidémiosurveillance Résavip suit la circulation des virus influenza A porcins (swIAV) en France métropolitaine. Il repose sur un réseau de vétérinaires volontaires, en charge d’effectuer des écouvillonnages nasaux sur des animaux présentant un syndrome grippal. L’objectif est triple : caractériser la répartition géographique des virus, évaluer leur dynamique et définir les profils épidémiologiques des infections. Entre 2011 et 2018, 1 825 cas ont été étudiés, répartis dans 51 départements, majoritairement dans le nordouest du pays. Près de 80 % des exploitations visitées étaient de type naisseur engraisseur, mais aucun lien statistique n’a été trouvé entre la positivité et la présence de truies. En sept ans d’investigation, la fréquence des troupeaux infectés est restée stable, variant de 41,8 % à 53,6 %, sans observer d’augmentation en hiver quand sévit la grippe chez l’humain.

H1avN1 est majoritaire

Sur les 51 départements, 35 ont présenté au moins un cas positif. Sur 887 virus détectés, 669 ont pu être identifiés. Les virus H1avN1 sont majoritaires, représentant 69,6 % des swIAV identifiés (466/669), avec une proportion moindre en hiver que le reste de l’année (46,6 % vs 55,7 %). H1huN2 est le deuxième lignage le plus fréquent (22,1 % des virus identifiés, 148/669), et est surtout présent dans le quart nord-ouest. Cependant, depuis 2016, des cas sont détectés dans le nord-est. Ces virus sont davantage identifiés en période hivernale (décembre à mars) et dans les départements à forte population porcine. À partir de 2012, un variant antigénique H1huN2v a été identifié et a compté pour moitié des H1huN2 en 2014, mais depuis 2015, sa proportion a diminué.

H1N1pdm circule toujours

Les virus pandémiques H1N1pdm sont également identifiés chaque année (sauf en 2012), à une fréquence relativement faible (3,6 %, 24/669), dans 16 départements situés du nord-ouest au sud-est de la France. Leur proportion est significativement plus élevée en période d’épidémies hivernales chez l’humain, suggérant des transmissions virales de l’homme au porc. De manière plus sporadique, les analyses montrent aussi la présence dans le nord-est de H3N2 entre 2014 et 2016, près de la frontière belge, probablement en lien avec l’importation d’animaux contaminés. Enfin, des cas avec réassortants H1avN2 (détection une à deux fois par an suivant les années dans le nord-ouest, 2 fois dans le sud-ouest en 2015 et une fois dans le nord-est en 2016), mais aussi des co-infections (18 troupeaux) sont décrits. À noter que c’est la première fois que le H1avN2 est détecté dans le sud-ouest, en lien probablement avec l’introduction d’animaux contaminés en provenance d’autres départements ou pays européens.

Des présentations cliniques variables

De manière générale, ce sont les porcs en croissance qui sont le plus souvent associés à une positivité au swIAV comparativement aux reproducteurs. Pour 79 % des cas positifs (646/817), les signes cliniques sont d’intensité modérée. Cependant, des formes plus sévères sont rapportées chaque année, et ont représenté presque 30 % des cas positifs en 2016. Pour ces cas, aucune différence n’est notée suivant l’âge des animaux ou la pratique vaccinale de l’exploitation. La forme récurrente est associée à 41,1 % des cas positifs, et touche davantage les porcelets en nurserie. De plus, la proportion d’infections récurrentes est significativement plus élevée dans les troupeaux vaccinés. Ce constat pourrait être lié au fait que les animaux avec anticorps maternels excrètent moins mais plus longtemps, favorisant la persistance virale dans l’élevage. Pour le reste, aucune association statistique n’est observée entre le profil épidémiologique et la taille de la population, le type de production, l’intensité des signes cliniques ou le sous-type viral identifié.

Article rédigé d’après une présentation des 52e Journées de la recherche porcine, 2020, Hervé S., Garin E., Dommergues L. et coll. Surveillance des virus influenza A circulant chez le porc en France métropolitaine : analyse des données virologiques et épidémiologiques collectées par le réseau Résavip pendant sept années (2011-2018) ; 255-260.

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