TLM.VET : « UN LIEU D’ÉCHANGES ET DE RÉFLEXIONS COLLECTIVES » - La Semaine Vétérinaire n° 1860 du 26/06/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1860 du 26/06/2020

TÉLÉMÉDECINE

ANALYSE

Auteur(s) : TANIT HALFON

À la suite du décret autorisant une expérimentation de la télémédecine vétérinaire, est né un nouveau collectif visant à accompagner cette évolution pour une pratique responsable, éthique et de qualité.

Un nouveau collectif de vétérinaires mise sur l’intelligence collective pour progresser dans la compréhension des enjeux de la télémédecine. Explications avec Christophe Hugnet, praticien canin dans la Drôme, conseiller régional ordinal et un des membres fondateurs du collectif.

Pourquoi avoir créé TLM.vet1 ?

Christophe Hugnet : Manifestement, la question de la télémédecine n’a pas été assez débattue au sein de la profession. Face à ce constat, il est apparu évident qu’il fallait créer un lieu d’échanges et de réflexions collectives sur le sujet. On le voit, avec l’expérimentation de la télémédecine, émergent de nombreux sujets, et le décret, tel qu’il est rédigé, prête à différentes interprétations. Aussi, l’idée est de réfléchir à plusieurs sur les enjeux et les conséquences de la télémédecine, mais aussi de lever les difficultés d’interprétation, afin que chacun puisse mieux en comprendre les contours et éviter tout sentiment d’insécurité et d’inconfort.

Qui en sont les membres ?

Si le collectif a été créé à l’initiative de neuf vétérinaires, praticiens ou pas, qui s’intéressent au sujet, il n’y a pas de chef de file ni de volonté d’imposer de pensées dominantes. Ce projet se veut un travail de coconstruction à l’échelle de la profession. Cela dit, nous allons essayer de lancer des sujets, afin de cadrer les débats, et de les rendre les plus constructifs possibles. Parmi les thématiques qui feront certainement l’objet de discussions : la question de l’assurance responsabilité civile professionnelle, des outils de télémédecine, des contours des différentes composantes de la télémédecine… Nous pourrons aussi profiter du retour d’expérience en médecine humaine qui a vu le nombre de téléconsultations exploser avec la crise sanitaire. De plus, toutes les pratiques et disciplines seront abordées.

Concrètement, comment allezvous procéder ?

Tout est envisagé et envisageable, sachant que nous ne voulons pas utiliser des moyens de communication descendant. Nous sommes en train de discuter de la pertinence de tel ou tel outil technique, toutefois, s’il apparaît intéressant d’employer d’autres modalités, nous le ferons. Bien entendu, il y aura forcément des initiateurs de discussion. Au final, l’idée serait d’aboutir à une plateforme web, à l’image d’un dictionnaire participatif, sur laquelle il sera possible de consulter l’ensemble des échanges qui ont eu lieu sur la télémédecine. Il faut qu’un maximum d’informations soit disponible afin que les vétérinaires se sentent à l’aise pour se positionner sur la question.

Comptez-vous synthétiser le fruit de ces réflexions, afin de faire remonter un bilan aux instances professionnelles ?

Elles pourront déjà avoir accès à l’ensemble des débats, mais oui, l’idée serait de produire dans 12 mois un document unique téléchargeable.

Et si la profession n’adhère pas au collectif ?

Ce projet est certes ambitieux, et peut-être que cela n’aura pas l’écho que nous espérons, mais je pense qu’il est important de réfléchir à cette question et que chaque vétérinaire dispose de tous les éléments pour cerner les enjeux de la télémédecine.

1. www.tlm.vet.

Miser sur la transparence

Le collectif se veut éclectique et indépendant. Pour le prouver, chacun des membres a rédigé une déclaration dans laquelle il explique les raisons de sa participation au collectif et les liens avec son activité professionnelle. Elles sont librement accessibles sur le site de TLM.vet.

Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr