ÉVALUATION DU NETTOYAGE ET DE LA DÉSINFECTION - La Semaine Vétérinaire n° 1860 du 26/06/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1860 du 26/06/2020

ÉLEVAGE DE BOVINS

PRATIQUE MIXTE

FORMATION

Auteur(s) : CLOTHILDE BARDE

CONFÉRENCIER

JEAN-LUC CHAMBRIN, Synthèse élevage. Article rédigé d’après une conférence présentée lors des journées nationales des GTV, en mai 2019.

Les pratiques d’élevage évoluent continuellement. Parmi celles-ci, de nouvelles techniques pour réduire l’usage des antibiotiques et maîtriser la biosécurité en élevage ont émergé. Toutefois, les élevages de bovins sont encore très en retard sur ce dernier point. Ainsi, chez les veaux par exemple, même si plusieurs initiatives ont vu le jour pour réduire fortement le taux de mortalité1, il est toujours supérieur à 10 % en élevage2. Pour améliorer cette situation, il est possible de mettre en place, avec les éleveurs, des protocoles de nettoyage et de désinfection des locaux et du matériel en contact avec les animaux. Le vétérinaire peut ensuite proposer d’évaluer leur efficacité.

Des bases solides

Dans un premier temps, avant d’adopter une méthode de contrôle, il est important de s’assurer que l’éleveur utilise les bons produits, au bon moment, avec des protections individuelles et des appareils d’applications adaptés et surtout bien réglés. Pour cela, le vétérinaire doit définir au préalable les zones de vie (lieux de vêlage, nurserie, stockage du matériel) et les bonnes pratiques de soins aux animaux, de gestion du matériel (seaux, sondes) et d’organisation des locaux (box de vêlage, nurserie niche à veaux). Il peut ensuite élaborer des recommandations par rapport aux contraintes propres à l’élevage. Les contrôles de l’efficacité de l’ensemble de ces mesures permettent alors de les faire accepter plus facilement par les éleveurs.

Des moyens de contrôle variés

Il est possible de réaliser une analyse bactériologique de l’eau (potabilité et contrôle de l’efficacité des choix techniques de traitement réalisés par l’éleveur). Concernant l’air, les dispositifs de collecte, comme ceux utilisés en couvoir, sont aussi très pratiques. Enfin, l’efficacité du nettoyage et de la désinfection des éléments en contact avec les animaux peut être testée avec des boîtes de contact de type flore totale. Cependant, bien que tous ces tests soient intéressants, fiables et normés, ils ont le défaut de ne pas donner de résultat immédiat.

Des solutions à développer

Pour en obtenir avec davantage de rapidité, d’autres outils, qui n’ont pas le même niveau de précision, existent. Afin d’évaluer le nettoyage, la méthode la plus simple consiste à vérifier s’il reste de la matière organique sur la surface (test de l’essuie-tout). De plus, les nettoyants sont considérés comme efficaces s’ils permettent d’éliminer les souillures telles que les protéines d’origine animale ou végétale (facteurs favorisant le développement bactérien). Pour mesurer cette efficacité, il est possible d’utiliser, à l’instar de l’industrie de l’agroalimentaire, des écouvillons de type 3M (méthode du biuret) qui donnent un résultat avec un niveau de sensibilité élevé en 10 minutes. Une autre technique est l’ATP3-métrie, qui permet de quantifier le niveau de vie (bactéries et champignons) sur les échantillons grâce au principe de la bioluminescence. Cet outil est très adapté en élevage, car il peut être utilisé à tous les stades du protocole de nettoyage et de désinfection, sur tous les supports. Pour l’eau, il existe aussi des tests rapides d’évaluation de la concentration en chlore actif résiduel dans l’eau de boisson (tests colorimétriques) et de celle de peroxydes (test sur bandelette). En ce qui concerne les élevages de bovins, les premiers résultats des évaluations des zones critiques, de la salle de traite, du robot de traite et de la zone d’élevage des veaux sont prometteurs. Au-delà de l’amélioration des pratiques, c’est la relation forte qui s’instaure entre le vétérinaire et l’éleveur qui est la plus intéressante dans la mise en place de ces protocoles en élevage.

1. Terra, 2016. Mortalité des veaux - Pas de fatalité mais des solutions : www.bit. ly/3hwRK7E

2. Jegou V., Porhiel J. Y., Brunschwig P., Jouanne D., 2006. Mortalité des veaux d’élevage en Bretagne : facteurs de risque de mortalité dans 80 élevages bretons : www.bit.ly/37yRRuW.

3. Adénosine triphosphate.

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