ABÉCÉDAIRE DE CAMPAGNE - La Semaine Vétérinaire n° 1858 du 12/06/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1858 du 12/06/2020

ÉDITO

Auteur(s) : MARINE NEVEUX

Fonctions : Rédactrice en chef

A : anesthésie. L’Hexagone sort progressivement de ce sommeil imposé. Alors que les effets anesthésiants s’estompent, les douleurs se ravivent.

B : breath. Le monde « d’après » apportera-t-il un nouvel air Mêmes pratiques d’élevage, mêmes politiques L’OABA1 vient d’ailleurs de déposer une requête devant le Conseil d’État afin de mettre un terme à l’inaction des gouvernements successifs qui refusent d’informer les consommateurs sur le mode d’abattage des viandes commercialisées. Faut-il craindre également la remise en question de réglementations, détruisant les progrès de ces dernières années Et que penser des accords commerciaux internationaux (comme avec le Mexique), alors que l’on désire rendre sa souveraineté à l’agriculture française De bien beaux discours…

C : coronavirus. Malheureusement bons candidats pour les épidémies humaines, ils ont déjà été impliqués trois fois en moins de 20 ans ! Souhaitons que des enseignements soient tirés pour progresser dans la gestion de crise sanitaire, situation pas si inédite que cela au regard de l’histoire des pandémies d’origine animale et des alertes de ces dernières années.

D : décentralisation, différenciation, déconcentration. Le projet de loi 3D devait initialement passer devant le Sénat en juin. Espérons que la préservation du maillage vétérinaire ne sera pas oubliée par les politiques publiques, comme l’a été la santé humaine ces dernières années. Les vétérinaires sont de précieuses sentinelles pour le suivi des agents pathogènes, sachant que 75 % des maladies émergentes chez l’homme ont une origine animale.

E : évoluer. Les instances politiques y sont-elles enclines ? Alors que la France a longtemps tergiversé avant d’accepter l’aide proposée par les laboratoires vétérinaires face au Covid-19, l’Allemagne a réquisitionné ceux des Länder dès le début de l’épidémie afin de réaliser des tests diagnostiques à grande échelle, qui ont permis de circonscrire les premiers foyers de contamination. D’autres pays ont aussi démontré qu’un comité scientifique pouvait recourir à des experts provenant de différents secteurs, dont des vétérinaires, familiers des maladies infectieuses et de l’approche populationnelle. Souhaitons que le concept One Health devienne une volonté politique en France.

1. œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs.

Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr