PENSER À LA MYCOPLASMOSE AVIAIRE ET AU CORYZA INFECTIEUX - La Semaine Vétérinaire n° 1856 du 29/05/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1856 du 29/05/2020

MALADIES RESPIRATOIRES

PRATIQUE MIXTE

FORMATION

Auteur(s) : MARIE SOUVESTRE

Article rédigé d’après des présentations faites lors du congrès sur les mycoplasmoses aviaires et le coryza infectieux à Leusden (Pays-Bas), du 13 au 15 novembre 2019.

En cas de troubles respiratoires chez la volaille, et surtout chez la poule de compagnie, le diagnostic différentiel doit quasi systématiquement inclure les mycoplasmes aviaires et le coryza infectieux, afi n de mieux adapter la conduite à tenir et d’éviter les récidives.

Des similitudes dans les signes cliniques

Chez la poule, Mycoplasma gallisepticum (MG) est responsable d’une maladie respiratoire légère à sévère, d’une diminution de la croissance, de chutes de ponte et de taux d’éclosion altérés. Mycoplasma synoviae (MS)1 peut également être une cause de maladie respiratoire et induire des anomalies de l’apex de la coquille d’œuf, des chutes de pontes et de l’arthrite. Ces deux espèces agissent parfois en synergie avec d’autres agents pathogènes des voies respiratoires. Le coryza infectieux est causé par Avibacterium paragallinarum (APG), bactérie Gram -, de la famille des Pasteurellacées. Il ne doit pas être confondu avec ce que l’on appelle communément le syndrome coryza, qui s’apparente à la maladie respiratoire chronique de la volaille et qui a généralement une origine pluriinfectieuse et multifactorielle, dont font souvent partie les mycoplasmes ou l’APG. Les signes cliniques majeurs du coryza infectieux sont une infl ammation aiguë des voies respiratoires supérieures avec une atteinte des sinus et un écoulement nasal séreux à mucoïde, accompagné le plus souvent d’un œdème facial et/ou d’une conjonctivite. La maladie se caractérise par de faibles performances de croissance et une réduction marquée de la ponte.

Miser sur la biosécurité

Les mesures de contrôle pour ces agents pathogènes respiratoires sont avant tout fondées sur la prévention et la réduction de la transmission horizontale (et verticale pour les mycoplasmes). Dans une situation de forte prévalence, les programmes de traitement antibiotique et de vaccination peuvent contribuer à la réduction de l’impact clinique et économique de la mycoplasmose. Les antibiotiques ont un effet à court terme. Des traitements répétés sont souvent nécessaires, mais ils n’agissent que temporairement sur la réduction des signes cliniques, les transmissions verticale et horizontale. Des vaccins vivants et atténués contre MG et MS sont utilisés en élevage commercial. Toutefois, ils n’empêchent pas la circulation de souches sauvages et nécessitent une bonne maîtrise de la technique et de l’environnement. Pour le coryza infectieux, des traitements antibiotiques peuvent cependant limiter les symptômes. Dans tous les cas, les mesures les plus efficaces et les moins coûteuses sur le long terme semblent être celles de biosécurité. En général, la survie de MG et de MS sur divers matériaux est relativement courte. Il a été cependant observé que les mycoplasmes pouvaient survivre pendant des mois dans l’œuf et sur les débris. Un nettoyage régulier est donc crucial pour empêcher la propagation des mycoplasmes.

1. Sur les 25 espèces de mycoplasmes d’oiseaux isolées, quatre sont réglementées du fait de l’impact économique, dont MG et MS chez la poule.

LES OUTILS DIAGNOSTIQUES

Ces agents infectieux sont difficiles à isoler par bactériologie classique, car ils nécessitent des milieux de croissance spécifi ques. La recherche par Elisa (enzyme-linked immunosorbent assay) est possible, mais reste compliquée pour APG et son usage est limité pour MG et MS en cas de vaccination. Désormais, la biologie moléculaire apparaît comme l’outil incontournable pour diagnostiquer ces maladies.

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