L’ÉCHOGRAPHIE POUR LE SUIVI DE REPRODUCTION - La Semaine Vétérinaire n° 1847 du 27/03/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1847 du 27/03/2020

BOVINS

PRATIQUE MIXTE

Auteur(s) : JOCELYN AMIOT

La reproduction est une formidable porte d’entrée en élevage. Le praticien ne doit pas se contenter de faire des constats de gestation. Il doit aller plus loin en proposant un suivi, ainsi qu’un diagnostic complet de l’appareil reproducteur. Pour se faire, l’utilisation d’un échographe est indispensable.

Au-delà d’un simple suivi post-partum “classique” (examen vaginal et palpation transrectale), l’utilisation de l’échographie permet au praticien vétérinaire de se démarquer des autres intervenants. Pour se faire, il est nécessaire de se former. Le développement de ces suivis est probablement une porte d’entrée ou de maintien dans les élevages d’avenir pour les vétérinaires. Les conseils de Jocelyn Amiot, vétérinaire praticienne à épinac (Saône-et-Loire).

Quel appareil d’échographie choisir pour les suivis de reproduction des bovins ?

Jocelyn Amiot : Comme souvent, le vétérinaire doit se familiariser avec son matériel et donc ne pas en changer trop fréquemment.

Il est essentiel que l’appareil d’échographie soit étanche pour faciliter son entretien par un simple passage sous l’eau. De plus, il doit être léger (environ 2 kg) et portatif pour un usage multiple et approprié au suivi de reproduction. Idéalement, il disposera d’un écran tactile classique, mais également des options écran au poignet (type “montre”) ou des lunettes (visualisation de l’image dans les lunettes). Cette dernière option permet de réaliser facilement des échographies en extérieur en évitant d’être gêné par la lumière trop importante. Le modèle Easyscan distribué par IMV Imaging répond bien à ces attentes, par exemple.

Concernant les sondes, il convient de distinguer les sondes linéaires et les sondes semi-convexes. Pour la reproduction, la sonde linéaire reste la plus appropriée et la plus facile à manier. Elle permet d’être performant sur le diagnostic des maladies utérines et ovariennes visibles à l’échographie. De plus, une sonde haute fréquence est préférée (> 5 MHz), puisque la profondeur de pénétration souhaitée est peu importante. Sur l’appareil cité précédemment, la sonde linéaire a une fréquence de 4 à 8,5 MHz avec une très bonne image à 6 cm de profondeur.

En ce qui concerne la sonde semi-convexe, elle est intéressante pour faire l’échographie d’autres organes (poumon, réseau, reins) avec une fréquence pouvant varier de 3 à 7 MHz et une pénétration de 8, 12, 16 et 24 cm. Toutefois, l’orientation de la sonde reste plus délicate (perte rapide des images à l’écran selon les mouvements de l’opérateur).

À quoi sert l’examen échographique lors de suivi de reproduction en élevage de bovins ?

Il permet notamment :

– de diagnostiquer des maladies utérines (pyomètre, abcès par exemple),

– de mesurer les follicules ovariens pour déterminer l’ovulation (environ 15 mm),

– d’évaluer la cyclicité ou non d’un individu (présence de corps jaunes),

– d’évaluer la qualité de la fonction reproductrice des futures génisses,

– de diagnostiquer et caractériser les kystes ovariens,

– de diagnostiquer des problématiques de troupeau (type anœstrus post-partum),

– de faire du diagnostic de gestation précoce (28 à 30 jours),

– de dénombrer les fœtus (intéressant pour la préparation à la mise bas),

– d’évaluer la viabilité du fœtus (rythme cardiaque).

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