DIAGNOSTIC, IMMUNITÉ, PROTECTION ET THÉRAPEUTIQUE - La Semaine Vétérinaire n° 1847 du 27/03/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1847 du 27/03/2020

HERPÈSVIRUS DE TYPE 1 (EHV-1)

PRATIQUE MIXTE

FORMATION

Auteur(s) : ANNE COUROUCÉ

Un grand nombre de présentations et d’études publiées à partir de données obtenues lors d’épidémies mettent en évidence l’impact très important des différentes manifestations de l’herpèsvirus de type 1 (EHV-1) sur la santé et le bien-être des équidés et sur l’industrie équine. La compréhension de la pathogénie, ainsi que la caractérisation et l’identification de facteurs influençant une immunité protective ont significativement progressé depuis le dernier workshop en 2011.

Diagnostic et virologie

Le diagnostic rapide de l’infection par EHV-1 et l’identification de chevaux à risque est une étape cruciale pour gérer et contrôler une épidémie.

Des biomarqueurs présents dans les sécrétions nasales, incluant des cytokines et des isotypes d’immunoglobulines G (IgG), ont été étudiés pour déterminer si les chevaux étaient susceptibles d’être infectés par EHV-1 et donc de représenter un risque pour la poursuite de l’épidémie au sein d’un effectif. En utilisant la technologie multiplex, les chevaux présentant un taux bas d’interféron-α, de chemokine ligand 3, de CD14 soluble et un ratio d’anticorps spécifiques EHV1 IgG4/7 : IgG1 > 10 étaient sujets à des réinfections soit immédiatement après l’infection expérimentale, soit durant la phase de convalescence, au-delà de 21 jours après l’infection. Plus de recherches sont nécessaires sur le sujet, mais ces méthodes pourraient donner des outils afin de déterminer la susceptibilité d’un individu à l’infection ou le risque de propagation du virus lors d’un foyer endémique.

Le séquençage d’EHV-1 est un outil important pour les recherches épidémiologiques et pour suivre l’évolution du virus. La région ORF68 est utilisée comme marqueur pour déterminer les souches d’EHV-1 et la mutation ORF30 G2254/D752 ou A2254/N752 comme indicateur potentiel de neurovirulence. La majorité (43 %) des 286 virus EHV-1 isolés en Irlande entre 1990 et 2017 était des virus de clade 7. Il y avait une association statistiquement significative entre ORF30 G2254/D752 et la présence d’une hypervirulence de type neurologique.

Modèles d’infection

Il existe quantité de modèles d’infection in vitro et in vivo pour EHV-1 qui ont permis de mieux comprendre la pathogénie et la protection contre ce virus. Toutefois, le développement de modèles in vivo pour l’encéphalomyélite est restreint du fait de limitations techniques mais également éthiques.

L’infection primaire de l’appareil respiratoire doit passer la barrière mucocilliaire et ainsi réussir à pénétrer dans l’épithélium respiratoire. Il a été mis en évidence que des récepteurs à EHV-1 sont localisés sur la partie basale de l’épithélium respiratoire. De ce fait, une interruption de l’intégrité de l’épithélium respiratoire facilite l’accès du virus à ces récepteurs. D’autres éléments comme les pollens du Kentucky blue grass ont le même effet in vitro et il a été proposé comme hypothèse qu’une exposition à de tels pollens dans l’environnement pourrait altérer l’intégrité de l’épithélium et, de ce fait, augmenter la possibilité d’infection du cheval à EHV-1 en permettant à un plus grand nombre de particules virales de pénétrer et de se répliquer dans l’organisme, et ce même si le cheval présente une bonne immunité.

La recherche de vaccins

La recherche se poursuit sur des vaccins ciblés sur EHV-1 qui pourraient prévenir l’apparition de signes cliniques, notamment les avortements et la myéloencéphalopathie. Néanmoins, cela s’avère être une tâche difficile.

Les chevaux présentant une quantité importante de lymphocytes T cytotoxiques spécifiques d’EHV-1 (CTL) avec un phénotype CD8+ présentent une réduction de la virémie intracellulaire et une protection de l’aspect clinique de la maladie. Toutefois l’activité des CTL est difficile à mesurer in vitro.

Des pistes pour de futures recherches ont été proposées, la plus importante d’entre elle étant une vaccination qui pourrait contrôler les manifestations cliniques de cette maladie, en particulier les avortements et les signes neurologiques.

Voir aussi La Semaine Vétérinaire n° 1845 du 13 mars 2020, page 29.

Article rédigé d’après Kydd J. H., Lunn D. P. et Osterrieder K. Report of the Fourth International Havemeyer Workshop on Equid Herpesviruses (EHV) EHV-1, EHV-2 and EHV-5. Equine Vet. J. 2019;51 (5):565-568.

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