« CETTE CRISE EST UN VRAI DÉSASTRE » - La Semaine Vétérinaire n° 1847 du 27/03/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1847 du 27/03/2020

ESPAGNE

ANALYSE

Auteur(s) : TANIT HALFON

En Espagne, le confinement total a été décrété le samedi 14 mars. Comme en France, les vétérinaires peuvent continuer à exercer, chacun devant adapter ses pratiques. Patricia Rojas Solis est une vétérinaire espagnole qui fait de la chirurgie itinérante, et qui exerce entre Madrid et Londres. Elle a décidé de rester en Espagne face à l’inaction du gouvernement anglais. Elle nous raconte son quotidien.

Patricia Rojas Solis : Du fait de mon activité, je visite plusieurs cliniques vétérinaires. Certaines ont fait le choix de rester ouvertes comme d’habitude, mais elles essayent de n’assurer que les urgences. D’autres sont fermées, et effectuent un tri téléphonique avant de recevoir du monde. Il n’y a pas de consensus, chacun fait ce qu’il veut. Après, si un propriétaire insiste, on peut l’accepter en lui disant que c’est à ses risques et périls. Au début, les propriétaires ne comprenaient pas la situation, mais maintenant ça s’améliore et ils connaissent les règles à respecter ; nous “postons” à ce sujet constamment sur les réseaux sociaux. Nous rencontrons aussi des retards d’approvisionnement concernant les produits vétérinaires et les aliments. Pour la pratique, l’Ordre vétérinaire1 nous a donné des recommandations : utiliser un masque pour le propriétaire et pour le praticien, une seule personne par animal, et si possible faire la consultation sans le propriétaire, utiliser des désinfectants avant et après la consultation… Dans tous les cas, le port du masque est recommandé. Pour le moment, nous en avons en stock, mais on ne peut plus en commander. Pour ma part, je n’enlève le masque qu’une fois dans ma voiture, entre deux cliniques, je garde une distance de sécurité avec les collègues et propriétaires, et désinfecte mes mains avant d’entrer dans une structure et en ressortant. L’inconnu est l’aspect financier. Le gouvernement a dit qu’il allait aider des autoentrepreneurs comme moi, et en général les gens qui perdaient de l’argent. Mais dans les faits, je ne sais pas comment cela va se passer. Cette crise est un vrai désastre, notamment économique. Une fois fi nie, nous allons traverser des moments difficiles.

1. En Espagne, l’Ordre vétérinaire ainsi que le syndicat ont élaboré des outils de communication très imagés pour les cliniques, à consulter sur leurs sites : www.bit.ly/39akkq3, www.bit.ly/395ZtE9.

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