QUI SONT LES VÉTÉRINAIRES ENGAGÉS DANS LES MUNICIPALES ? - La Semaine Vétérinaire n° 1843 du 28/02/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1843 du 28/02/2020

ÉLECTIONS

ANALYSE

Bien qu’il n’existe pas de liste exhaustive permettant de filtrer par profession les candidats, petit tour d’horizon des vétérinaires de formation (encore praticiens ou retraités) qui, à notre connaissance, se sont lancés dans la course aux élections des 15 et 22 mars.

Au total, il n’y a pas assez de vétérinaires qui s’engagent dans ces municipales, estime Sophie Le Drean- Quénec’hdu (N 93), adjointe à l’environnement et au cadre de vie à Melesse (6 700 habitants, Ille-et-Vilaine). Si je prends l’exemple de ma propre commune, le maire sortant, Claude Jaouen, brigue un second mandat, en s’appuyant sur une liste de 29 noms. Parmi les adjoints et conseillers, il y a deux agriculteurs et moi, qui suis vétérinaire canine. Tous les autres présentent donc un profil davantage citadin. » Un programme municipal ne propose pas des actions uniquement dans les domaines animal et du vivant, mais, « nationalement parlant », Sophie Le Drean-Quénec’hdu trouve important que les listes puissent comporter des candidats ayant des connaissances dans ces domaines et en matière d’environnement. « Cela éviterait, à mon sens, d’énormes bêtises. Par exemple, afin de lutter contre le gaspillage alimentaire, des élus ont parfois incité des habitants à prendre des poules, mais il est aussi arrivé que leurs nouveaux propriétaires ne les nourrissent qu’avec des déchets, en méconnaissant tous leurs autres besoins, alimentaires ou autres… C’est pourquoi j’aimerais que plus d’agriculteurs, de vétérinaires1 ou d’ingénieurs agronomes s’engagent en politique, même si je connais évidemment bien les contraintes professionnelles qui sont déjà liées à l’exercice de ce genre de métiers ».

Des listes “ 100 % Parti animaliste ”

D’après un sondage de l’Institut français d’opinion publique (Ifop) commandé par l’association L214, 72 % des Français jugent important que des candidats aux municipales des 15 et 22 mars s’engagent sur des mesures concrètes en matière de protection animale. Par exemple, dans le sud de la France, Olivier Amiel, candidat à Perpignan (Pyrénées-Orientales), n’a pas hésité à promettre d’en faire « une ville anticorrida, anticombat de coqs, anticirque animalier, antiviolence et maltraitance animale ». L’animal est aussi un enjeu de la campagne à Antibes, Nice ou Vence (Alpes-Maritimes)…

Dans ce contexte, où la bienveillance côtoie aussi parfois l’extrémisme, les vétérinaires n’auraient-ils pas particulièrement intérêt à se manifester ? « J’ai en effet été étonné de voir qu’aux dernières élections européennes, le Parti animaliste avait recueilli 490 000 voix, un score qui représentait 2,2 % des votes exprimés, commente Joël Balandraud (A 99), maire d’Évron (Mayenne), ancien vétérinaire bovins/chevaux. À mon avis, il se peut très bien que des candidats se fassent élire avec des propositions sur les animaux qui sont inexploitables ou inefficaces sur le terrain, mais qui auront juste le mérite d’être dans la tendance ! » Donc, si les vétérinaires ne s’engagent pas sur ces nouveaux terrains, il est aussi certain que d’autres le feront - ou même le font déjà - à leur place… Par exemple, des listes « 100 % Parti animaliste » sont présentées par ce dernier aux municipales et le parti a aussi établi des alliances dans d’autres communes2.

1. Dans la thèse réalisée en 2004 sur les vétérinaires et la politique de Jean-Charles Poux (A 04), il ressort que les vétérinaires « sont principalement élus dans les deux tiers nord de la France, en zone rurale » e t que l’explosion du nombre de praticiens canins ne s’accompagne nullement de celles d’édiles de ce secteur. Il est également vrai qu’il y a bien moins de femmes maires que d’hommes maires, toutes professions confondues…

2. www.parti-animaliste.fr/listes-municipales.

Maires, adjoints ou conseillers, certains se représentent, d’autres non1

Ils briguent un mandat de maire pour 2020

Joël Balandraud (A 99, maire sortant), est candidat à la commune nouvelle d’Évron (Mayenne). Bertrand Barraud (L 89) a officialisé sa candidature à la mairie d’Issoire (Puy-de-Dôme), Christian Barle (T 73) à celle de Livry (Nièvre), Christophe Bazile (L 95) à Montbrison (Loire), Lise Bouillot (A 78) à Callac (Côtes-d’Armor). Dominique Bousquet (L 78), après 36 ans à la mairie de Thenon, brigue en 2020 la mairie de Terrasson (Dordogne). Bruno Delva (A 81), ancien maire de Val-d’Izé (Ille-et-Vilaine), après une pause de 2008 à 2014, brigue un troisième mandat. Éric Février (A 80), maire de Saint-Mamet-la-Salvetat (Cantal). Gérard Fromm (L 70) brigue un troisième mandat de maire à Briançon (Hautes-Alpes). Élu maire en 2014, Henri Gisselbrecht (L 86) brigue un second mandat à Lempdes (Puy-de-Dôme). Maire de sa commune depuis 1989, Dominique Jarlier (L 80) brigue à nouveau la mairie de Rochefort-Montagne (Puy-de-Dôme). Élu maire en 2014, Arnaud Lelièvre du Broeuille (A 01) brigue un second mandat à Ambleteuse (Pas-de-Calais). Patrice Pillet (T 82) brigue un second mandat à Bricquebec-en-Cotentin (Manche). Benoît Quéro (Liège 08) brigue un second mandat à Pluméliau-Bieuzy (Morbihan).

Ils ne se représentent pas en tant que maires pour 2020

Après 43 années de mandats, dont 37 comme maire, Claude Halbecq (A 63) met fin à son engagement citoyen en tant que maire de la commune de Roncey (Manche). Jacques Lamblin (A 77), après 12 années à la tête de Lunéville (Meurthe-et-Moselle), ne se représente pas en tant que maire, mais il a aussi annoncé vouloir briguer la présidence de la communauté de communes du territoire de Lunéville.

Ils se présentent aux côtés d’un maire en 2020

Philippe Boidin (T 85), actuel délégué en charge des bâtiments, de la voirie et de la propreté, se représente dans la liste du maire sortant (François Decoster), à Saint-Omer (Pas-de-Calais). Jean-Louis Coutenet (T 87) sollicite un nouveau mandat municipal en tant que maire adjoint avec la liste menée par Jean-Claure Bouriat (maire sortant), à Ousse (Pyrénées-Atlantiques). Sophie Le Drean-Quenec’hdu (N 93), adjointe à l’environnement et au cadre de vie, repart sur la liste du maire sortant (Claude Jaouen), à Melesse (Ille-et-Vilaine). Laurent Nicolle (A 80), troisième adjoint, chargé du traitement des eaux, de la voirie et des projets de construction, continue sur la liste du maire sortant (Dominique Dhumeaux), à Fercé-sur-Sarthe (Sarthe). François Pouchot (A 85) repart pour un poste d’adjoint aux côtés du maire sortant, Jean-Pierre Soulier, au Vigean (Cantal). Karine Orcel (T 97), quatrième adjointe, déléguée à la culture et aux événements culturels, figure sur la liste de Christophe Saint-Pierre, maire sortant, à Millau (Aveyron).

Ils ne se représentent pas sur une liste en 2020

Après deux mandats en qualité de conseillère municipale, Cristelle Fromonot (A 94) dit « laisser sa place aux autres », à Chablis (Yonne). Ancien maire et conseiller municipal, Loïc Dombreval (A 91) ne se présente pas à Vence (Alpes-Maritimes), mais il demeure évidemment député de la seconde circonscription des Alpes-Maritimes et il propose aux autres élus d’adopter un pacte « Homme et animal, une vie commune », avec 20 mesures intégrables dans un programme municipal2. Francis Durand (T 74), adjoint à Neubourg (Eure), est décédé en 2018.

1. D’après nos interviews et les déclarations de candidatures publiées dans la presse locale.

Liste non exhaustive.

2. Á lire dans La Semaine Vétérinaire n° 1839, du 31/1/2020, page 12.

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