« CHRONIQUE D’UNE MORT PROGRAMMÉE » - La Semaine Vétérinaire n° 1840 du 07/02/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1840 du 07/02/2020

EXPRESSION

Pierre-François Isard, vétérinaire spécialiste au CHV Saint-Martin (Saint-Martin-Bellevue, en Haute-Savoie), réagit à la suppression de commissions administratives à caractère consultatif, dont le Conseil national de la spécialisation vétérinaire.

La lecture attentive du journal officiel a permis d’y trouver le décret n° 2019-1379 du 18 décembre 2019 portant suppression de commissions administratives à caractère consultatif.

Que le gouvernement se soit penché sur la nécessité de supprimer quelques comités théodule semble une sage décision, bien dans l’air du temps.

Toutefois, trouver dans la liste des futurs disparus le conseil national de la spécialisation vétérinaire (CNSV) peut surprendre à plus d’un titre.

Tout d’abord parce que le cnsv était une émanation du processus de la spécialisation vétérinaire, et de ce fait un relais nécessaire entre la profession et la direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER), dans la difficile mission d’élaborer et de promouvoir les règles de l’accession et de l’exercice au titre de spécialiste.

On est ensuite en droit de s’étonner de la disparition d’une commission qui, de par sa composition, faite de 8 représentants de l’administration et des établissements et services publics intéressés, de 8 représentants de la profession vétérinaire, de 4 enseignants-chercheurs, de 4 personnalités qualifiées, ainsi que de leurs suppléants respectifs, paraissait parfaitement légitime pour orienter au mieux les nécessaires adaptations du système.

Las… sans doute tenté par un nouveau risorgimento, le gouvernement a peut-être voulu reprendre la maxime culte du prince de salina « il faut que tout change pour que rien ne change » ?

La plupart des membres du CNSV ont ainsi été mis devant le fait accompli, sans disposer d’explications objectives, ni de la part du gouvernement ni de la part des structures professionnelles représentatives, dont on n’ose imaginer qu’elles aient pu être tenues à l’écart de l’élaboration de cette décision.

Peut-être que le difficile choix d’une politique enfin responsable vis-à-vis des futures générations, et devant le rapport alarmant du dernier audit sur l’enseignement des spécialités dans les écoles nationales vétérinaires, a conduit nos édiles à écouter sans se l’avouer le chant des sirènes du privé… à qui profite le crime ?

Quoi qu’il en soit, les membres du CNSV sont abasourdis par cette communication d’un autre âge… circulez, y a rien à voir !, Aurait conclu coluche. ?

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