ALLERGIES AU CHAT : DES CROQUETTES PROMETTEUSES POUR LES PROPRIÉTAIRES - La Semaine Vétérinaire n° 1839 du 31/01/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1839 du 31/01/2020

PRATIQUE CANINE FÉLINE NAC

ANALYSE

Auteur(s) : ANNE-CLAIRE GAGNON

PURINA A MIS AU POINT UNE FORMULE DE CROQUETTES QUI PERMET DE RÉDUIRE SIGNIFICATIVEMENT LA CHARGE ALLERGÈNE DÈS LA TROISIÈME SEMAINE DE PRISE DE L’ALIMENT.

L’Institut Purina a organisé, lors du congrès de l’Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie (Afvac), le 29 novembre à Lyon (Rhône), un atelier consacré à l’allergie au chat, où intervenaient le Pr Jean Bousquet, allergologue (université de Montpellier), et notre consœur Laurence Colliard, chargée de recherche chez Nestle Purina.

Jean Bousquet parle des symptômes en connaissance de cause : éternuements, conjonctivite, rhinite allant parfois jusqu’à l’asthme et la dermatite atopique. Les allergies aux chats sont les allergies d’origine animale les plus courantes chez l’homme. Un bébé peut devenir allergique aux chats dès l’âge de 3 mois, après une phase de sensibilisation qui est variable, au cours de laquelle les immunoglobulines E (IgE) sont synthétisées contre l’allergène spécifique du chat.

Lors d’une seconde exposition au chat, la dégranulation des basophiles provoque leur libération et l’apparition des symptômes, s’accompagnant de broncho-constriction. La réaction allergique peut persister plusieurs jours, même si le chat n’est plus présent. Une tolérance au chat est cependant possible, sans être pour autant persistante. L’exposition discontinue peut alors être gravissime, avec une flambée allergique lors de la réexposition.

Une protéine à la fonction biologique inconnue

L’allergène le plus puissant est la sécrétoglobuline Fel d 1, un tétramère à la fonction biologique inconnue, produit dans les glandes sébacées, et déposé par la salive du chat sur tout son pelage. La Fel d 1 est une molécule collante, solidaire des poils, mais aussi des vêtements sur lesquels le chat s’est couché. Elle persiste dans l’air ambiant. La production des chats est très hétérogène d’un individu à l’autre (de 1 à 80), mais également au cours d’une journée ou du mois. La concentration en Fel d 1 est la plus forte chez les chatons et les mâles entiers (la castration étant salutaire). Il n’existe pas de chats hypoallergéniques, mais certaines races et lignées produisent des concentrations plus faibles que d’autres. Le traitement est souvent l’immunothérapie, pas toujours efficace, l’éviction du chat étant délicate en raison du stress émotionnel pour la famille et le chat.

Une neutralisation salutaire

La poule est un producteur naturel d’anticorps sous forme d’immunoglobulines (IgY) dans le jaune de son œuf. Et lorsqu’elle vit avec un chat, elle produit naturellement des IgY anti-Fel d 1. Les chercheurs de Purina ont mis au point un aliment renfermant ces anticorps anti-Fel d 1 qui permettent la neutralisation de la Fel d 1 au niveau de la salive du chat, sans entraver sa production naturelle, dans une approche respectueuse de la biologie des chats. La charge allergène diminue significativement, de 47 % en moyenne, dès la troisième semaine de prise de l’aliment spécifique. La première étude en double aveugle sur des volontaires, allergiques au chat, mis en présence lors de deux expositions avec des couvertures sur lesquelles des chats traités ou non avec l’aliment test avaient dormi, a montré une réduction significative de leur score clinique pour les chats traités. Cet aliment, dont la date de commercialisation n’est pas encore connue, devrait permettre au chat d’une personne allergique de rester dans sa famille.

Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr