« UNE CROISSANCE DU NOMBRE D’ANIMAUX NON MÉDICALISÉS » - La Semaine Vétérinaire n° 1838 du 24/01/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1838 du 24/01/2020

DIX MILLE CONSULTATIONS D’URGENCE ANALYSÉES

DOSSIER

Auteur(s) : CHANTAL BÉRAUD

LE COLLECTIF DE VÉTÉRINAIRES DE GARDE ADOMVET POSSÈDE DES STATISTIQUES SUR PLUS DE 10 000 CONSULTATIONS D’URGENCES ANNUELLES. SON COFONDATEUR, SYLVAIN RANSON, EN PRÉSENTE DEUX GRANDES TENDANCES.

Comment évolue votre pourcentage d’animaux non médicalisés, vus en urgence ?

Sylvain Ranson : Le taux en était de 17,3 % en 2016, contre 24,6 % en 2019. Le nombre de propriétaires qui déclare ne pas avoir de vétérinaire traitant habituel a donc beaucoup augmenté et il continue de s’accroître régulièrement. Certains propriétaires n’ont aucune démarche de prévision ni d’anticipation. Parfois même ils nous disent, qu’avant, ils allaient chez un vétérinaire, mais maintenant qu’ils n’y vont plus, car leur animal n’avait jamais rien ! D’autres propriétaires se disent aussi que leur chat ne risque pas grand-chose s’il ne sort pas… Nous nous rendons également compte que le nombre de vaccinations est en baisse puisque nous voyons réapparaître des cas de typhus, de parvovirose et de maladie de Carré chez le chien.

Quelle est l’évolution chez vous du pourcentage d’animaux assurés ?

En 2016, 7 % des animaux consultés en urgence étaient assurés, contre 8,39 % en 2019. On est donc loin du taux de croissance à deux chiffres pourtant annoncé par certains assureurs. Peut-être que leurs chiffres partent de très bas, ou qu’ils ont davantage de croissance à l’étranger… En tout cas, sur le terrain, nous croisons peu d’animaux assurés. Et c’est dommage : aujourd’hui, les Français ont malheureusement davantage tendance à assurer leur smartphone que leur propre chien ! Pourtant, ce serait l’un des moyens pour les vétérinaires de revaloriser leurs actes. Ce qui deviendra indispensable à l’avenir, car je pense que les pharmacies vendront toujours plus de médicaments et les animaleries plus de pet food, toujours au détriment du vétérinaire… C’est pourquoi un syndicat comme le Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL) devrait mener une communication grand public pour promouvoir le développement de l’assurance pour les animaux, à l’instar de ce qui a déjà été fait pour la campagne “Je l’aime, je le vaccine”. D’ailleurs, dans les pays anglo-saxons, beaucoup plus d’animaux sont déjà assurés.

La régulation téléphonique, un préambule avant l’envoi à domicile de vétérinaires urgentistes.© sturti - istockSYLVAIN RANSON
Cofondateur d’Adomvet
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