LA CARPV DURCIT LE TON - La Semaine Vétérinaire n° 1838 du 24/01/2020
La Semaine Vétérinaire n° 1838 du 24/01/2020

RÉFORME DES RETRAITES

ANALYSE

Auteur(s) : FRANÇOIS POUZAUD

Alors que les vétérinaires et le secrétaire d’état chargé des retraites doivent à nouveau se rencontrer le 24 janvier, Gilles Désert, président de la CARPV, réaffirme sa position face à la réforme des retraites et commente la dernière motion adoptée par l’Unapl.

Le président de la Caisse autonome de retraite et de prévoyance des vétérinaires (CARPV) reste sur sa faim concernant la nouvelle motion du conseil national de l’Union nationale des professions libérales (Unapl), adoptée lors d’une session extraordinaire de cette instance représentative de 67 organisations syndicales, qui définit ses positions sur ce dossier.

« Cette motion est trop tolérante vis-à-vis du projet de réforme des retraites », juge-t-il. Partisan d’une position plus radicale afin que les revendications des vétérinaires soient entendues, il dénonce toujours, à ce stade des discussions avec le haut-commissariat à la réforme des retraites (HCRR), une réforme inacceptable et son manque de clarté.

Une position partagée aussi par le conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL) qui a rejeté cette semaine le projet de système universel de retraite.

Un taux trop élevé

Pour Gilles Désert, le bât blesse toujours sur le plafond de cotisations à trois fois le Plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass), avec un taux de 28,12 % de cotisation jusqu’à un Pass (environ 40 000 €) et de 12,94 % pour le deuxième et le troisième Pass, qui ne laisseraient aucune place pour un régime autonome de retraite complémentaire. Ces taux comprennent eux-mêmes un taux de solidarité de 2,81 %. « Ce taux est trop élevé, il représente 22 % du taux de cotisation entre un et trois Pass, alors qu’il ne représente que 10 % pour les salariés », s’insurge-t-il.

À la suite des simulations peu convaincantes du HCRR, il approuve la demande de l’Unapl de pouvoir disposer d’une étude d’impact réalisée ou confirmée par des experts indépendants. « La CARPV a sollicité un actuaire indépendant, il a refait les calculs, ses résultats confirment que sous un régime universel par points nos cotisations augmenteront de 22 % », indique-t-il.

Quant aux pensions qui seraient versées, il est des plus sceptiques sur les simulations très optimistes de leur revalorisation annuelle. « L’État prétend qu’il y aura une augmentation du pouvoir d’achat du retraité de 3,05 points par an sur 40 ans, en prenant comme hypothèse une inflation à 1,75 % et un taux de croissance de la valeur du point de retraite de 1,30 %. »

Des inquiétudes sur les réserves et la gouvernance

Dans sa motion, l’Unapl a posé des conditions à la poursuite du dialogue avec l’exécutif, notamment : inscrire dans la loi le taux de l’abattement a minima d’un tiers de l’assiette pour le calcul des cotisations, garantir le sort des réserves et assurer une représentation spécifique des professions libérales au sein de la future gouvernance. Malgré les annonces du gouvernement, Gilles Désert n’est pas complètement rassuré sur la sanctuarisation des réserves, tant qu’elle n’est pas inscrite dans le projet de loi. Ni sur la création d’un Conseil de la protection sociale des professions libérales au sein duquel « notre profession sera diluée ». Le président de la CARPV craint aussi de perdre la main sur le régime invalidité décès des vétérinaires et sur le fonds d’action sociale qui attribue régulièrement des aides financières aux vétérinaires et à leur famille.

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