Une demande d’information en cours sur IllicoVeto - La Semaine Vétérinaire n° 1816 du 05/07/2019
La Semaine Vétérinaire n° 1816 du 05/07/2019

CONSEIL TÉLÉPHONIQUE

ACTU

Auteur(s) : CHANTAL BÉRAUD 

La société vétérinaire de conseil par téléphone IllicoVeto vient de faire les frais d’un imbroglio médiatique, qui donnera lieu, courant juillet, à une réunion d’information avec l’Ordre.

IllicoVeto dans le collimateur du Conseil de l’Ordre des vétérinaires », titrait en juin dernier le quotidien régional L’Union. Et le site économique de Capital.fr de renchérir avec le titre suivant : « L’Ordre des vétérinaires s’attaque à IllicoVeto ». Vraie information ou “fake news” ? En fait, ce n’est ni tout à fait vrai, ni tout à fait faux ! Cette plateforme de conseil vétérinaire par téléphone doit bien faire l’objet, courant juillet, d’une réunion d’information auprès des conseillers nationaux de l’Ordre. Mais aucune plainte n’a été déposée contre elle auprès de l’Ordre.

Un “embarras” médiatique

Alors, que s’est-il donc passé ? « Il n’y a pas d’affaire IllicoVeto, confirme Jean-François Rubin, président du conseil régional de l’Ordre du Grand-Est. En fait, j’ai été interviewé par téléphone pour un article dans la rubrique locale de Charleville-Mézières, qui est paru sous ce titre aguicheur. Et l’autre média, Capital.fr, a repris l’accroche, sans me contacter, en enfonçant encore un peu plus le clou. » L’article ajoutait même que certains vétérinaires accusaient IllicoVeto d’exercice illégal de leur métier…

Interrogations au sein du monde vétérinaire

Jean-François Rubin recentre aujourd’hui le débat en cours : « Je vais participer, avec d’autres conseillers nationaux de l’Ordre, à une réunion d’information courant juillet, où est convié l’un des associés de la start-up, Pierre Deparpe. Nous voulons simplement savoir comment fonctionne cette société, qui sont les vétérinaires qui répondent au téléphone, s’ils sont tous inscrits à l’Ordre, ce genre de choses. Nous n’avons pas d’avis à avoir sur cette société, nous entendons juste appliquer les lois et les règlements actuels ». Pour rappel, la réglementation autorise, pour l’heure, le conseil téléphonique, mais pas la télémédecine. Et l’Ordre annonçait dernièrement, dans un communiqué de presse, qu’il proposera « au ministère de l’Agriculture, avant fin 2019, des textes permettant et encadrant la télémédecine ».

LA RÉACTION DE  PIERRE DEPARPE 

« LE VÉTÉRINAIRE PRATICIEN RESTE LA PERSONNE DE CONFIANCE DU PROPRIÉTAIRE »

Lancée en avril 2018, la start-up IllicoVeto avait déjà rencontré l’Ordre en décembre de la même année. « Nous lui avions déjà précisé ce que nous faisions, notre activité étant, de plus, clairement détaillée sur notre site internet », commente l’un des associés, Pierre Deparpe, qui ajoute : « À la suite des deux articles qui portaient contre nous des accusations injustifiées, c’est notre société qui a demandé une nouvelle rencontre. Nous comprenons en effet et acceptons que l’Ordre souhaite des détails sur notre fonctionnement, et nous allons lui rappeler que nous exerçons uniquement une activité payante de conseil téléphonique, faite exclusivement par des vétérinaires inscrits à l’Ordre, en respectant tant le Code rural et de la pêche maritime que le Code de déontologie vétérinaire. Dans cet esprit, nous apportons seulement des réponses de qualité aux interrogations croissantes des internautes. Nous ne faisons pas de télémédecine : il n’y a pas de diagnostic médical établi sur la base d’éléments cliniques fournis par le propriétaire de l’animal de compagnie. Nos vétérinaires répondent à des sujets généraux (nutrition, comportement, adoption, etc.). En aucun cas nous n’allons remplacer les praticiens, que nous considérons comme des partenaires. Pour notre développement futur, nous sommes même actuellement à la recherche d’associés vétérinaires, qui pourraient entrer au capital de notre société par actions simplifiée (SAS). »
Propos recueillis par Chantal Béraud
Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr