De la gestation à la phase de croissance : regard croisé en nutrition vétérinaire et humaine - La Semaine Vétérinaire n° 1812 du 25/05/2019
La Semaine Vétérinaire n° 1812 du 25/05/2019

PÉDIATRIE

PRATIQUE CANINE

L'ACTU

Auteur(s) : MYLÈNE PANIZO  

De la bonne santé de la future mère dépend le développement optimal des chiots et chatons à naître. Une alimentation complète et équilibrée est indispensable à une croissance harmonieuse.

Si les chiens et les chats sont de plus en plus considérés comme faisant partie de la famille, il ne faut pas oublier que leurs besoins nutritionnels sont différents de ceux de l’espèce humaine. Tel était le message de la table ronde organisée par Royal Canin, le 24 mai, à Paris.

Lors de la gestation

La gestation d’une chienne ou d’une chatte se prépare en amont, a expliqué Sylvie Chastant-Maillard, professeure en reproduction et responsable du centre NeoCare à l’école nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT). Notre consœur a rappelé que l’âge idéal de mise à la reproduction se situe entre 2 ans et 5 à 6 ans.

Le surpoids d’une chienne a un impact négatif sur la santé des futurs nouveau-nés. Ces derniers seront en moyenne plus petits et le taux de mortalité est plus élevé. Chez les chiennes, les besoins énergétiques augmentent seulement à partir du 42e jour de gestation, et d’environ 10 % chaque semaine. La ration doit donc être ajustée en conséquence à partir de la 6e semaine de gestation. L’alimentation ne doit pas être laissée à volonté car cela entraînerait un surpoids, ce qui est un facteur de risque de dystocie.

Au contraire des espèces canine et humaine, les besoins énergétiques des chattes augmentent de façon linéaire tout au long de la gestation. Il est donc recommandé d’administrer une alimentation à volonté et adaptée à la gestation. à la différence des femmes enceintes, les chiennes et les chattes ne nécessitent pas de supplémentation en minéraux ou en vitamines dans la mesure où il existe des aliments complets. Notre confrère Yann Quéau, responsable de Recherche et développement chez Royal Canin, a souligné l’importance d’une teneur élevée en oméga 3 (acide docosahexaénoïque, ou DHA) et en acide folique dans les aliments destinés aux chiennes et aux chattes gestantes. Le DHA améliore le développement cérébral des fœtus et l’acide folique diminue notamment la fréquence d’apparition des fentes palatines1,2.

À la naissance

Le pédiatre Pierre Bitoun a rappelé que la femme possède un placenta très fin, permettant un bon transfert des immunoglobulines durant la gestation, ce qui n’est pas le cas des chiennes et des chattes. Chez ces espèces, la prise du colostrum est indispensable dans les 12 heures suivant la naissance (avant la fermeture de la barrière intestinale), car il est la seule source d’anticorps maternels. «   À ce jour, le Puppy pro tech ® (développé par Royal Canin) est le seul lait maternisé enrichi en anticorps, conçu pour les premiers jours de vie des chiots, à administrer en cas d’impossibilité de prise colostrale   », a précisé Sylvie Chastant-Maillard.

Pendant la croissance

Pour la chienne et la chatte allaitantes, il est conseillé de donner une alimentation à volonté, riche en énergie. Le lait maternel est le meilleur aliment pour les nouveau-nés. Lors d’impossibilité d’allaitement ni par la mère ni par une autre femelle allaitante, des laits de substitution pour les carnivores domestiques existent. Les laits de vache et de chèvre sont à proscrire.

Un nouveau-né qui présente un décalage de poids et de taille avec le reste de la portée doit être surveillé, mais il ne faut surtout pas le “sur-nourrir” car des troubles ostéo-articulaires peuvent apparaître (la construction osseuse précède la construction musculaire et graisseuse). La prise de poids doit être constante et régulière. Des courbes de croissance sont disponibles pour certaines races, et d’autres sont en cours d’élaboration3,4.

Le sevrage démarre dès la 4e semaine de vie, il est effectif autour de l’âge de 2 mois. Une transition alimentaire est indispensable avec un aliment de sevrage. Les chiens et les chats ne nécessitent pas de diversité alimentaire. Il est néanmoins judicieux d’habituer le chaton à différentes textures. La nutrition est à adapter tout au long de la vie de l’animal, notamment à partir de la stérilisation (diminution d’environ 25 % des besoins énergétiques).

1 Briand Q. Les fentes oro-faciales congénitales chez le chien : étude rétrospective des facteurs de risques nutritionnels et génétiques chez les bouledogues français et les boxers présentes au Cerrec de 2007 à 2013. Thèse de doctorat vétérinaire, VetAgro Sup, 2014.

2 Elwood J. M., Colquhoun T. A.. Observations on the prevention of cleft palate in dogs by folic acid and potential relevance to humans. N. Z. Vet. J. 1997;45(6):254-6.

3 travaux de recherche Neocare, ENVT ; centre de recherche Waltham (Royaume-Uni).

4 Lecarpentier M., Martinez C. La croissance du chiot entre 0 et 2 mois : établissement de courbes de croissance de référence par race. Thèse vétérinaire, ENVT, 2017.

Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr