La vermifugation raisonnée - La Semaine Vétérinaire n° 1809 du 04/05/2019
La Semaine Vétérinaire n° 1809 du 04/05/2019

CONFÉRENCE

PRATIQUE MIXTE

Formation

Auteur(s) : MARINE NEVEUX  

Notre consœur Valérie Picandet (Livet, Calvados) a présenté les grandes lignes de la table ronde en parasitologie qui s’est tenue lors du congrès annuel de l’Association vétérinaire équine française (Avef) à Bordeaux (Gironde), en novembre 2018. Le questionnaire, adressé aux praticiens il y a 10 ans, a été repris et a fait l’objet d’une nouvelle enquête pour le travail de thèse de doctorat vétérinaire de notre consœur Julie Roels. 178 répondants ont été recensés en France. Une trentaine de questions ont été posées, en voici une sélection.

Plus de 80 % des praticiens réalisent des coproscopies avant vermifugation. Majoritairement, les recommandations en bonnes pratiques de vermifugation ont eu un impact sur leur prescription.

La coproscopie est utile pour parascaris, cyathostome et les grands strongles. L’importance des conditions préanalytiques est aussi soulignée : prélever à différents endroits sur différents crottins frais, conserver au réfrigérateur en anaérobie. La préparation des échantillons est également importante ; une double décantation permet de diminuer les débris végétaux.

La gestion doit être personnalisée pour chaque structure


• À quelle fréquence proposer des coproscopies ?
Pendant la période de pâture, de ponte des œufs, d’avril à novembre. La fréquence est choisie selon le mode de vie des équidés, l’âge et les molécules utilisées.

La première année de mise en place : les coproscopies peuvent être réalisées quatre fois d’avril à novembre. Les chevaux de moins de 3 ans sont plus forts excréteurs et nécessitent une surveillance et des traitements plus rapprochés.


• Des coproscopies de mélange sont-elles pertinentes dans certains cas
? L’intérêt est uniquement dans une population assez large. Sur un lot de 5 à 10 animaux, si le résultat est négatif, il convient de ne pas vermifuger, s’il est positif, des coproscopies individuelles ou une vermifugation du lot sont réalisées.


• Quelles résistances à quelles molécules
? La résistance est variable selon les pays et les régions et selon la structure (gestion des pâtures, pression parasitaire, etc.). Il est difficile d’extrapoler, d’où l’intérêt de pouvoir effectuer des tests de réduction des œufs fécaux.

Il n’existe pas de protocole idéal, la gestion doit être personnalisée pour chaque structure.


• Lors d’introduction d’un nouvel animal dans un effectif, quel protocole adapter
? Il n’y a pas de réponse type. Il convient de privilégier une coproscopie à l’arrivée de l’animal, de vermifuger selon l’historique du cheval. Une quarantaine au box de 2 à 3 jours peut être recommandée selon le contexte.


• Face à une faible excrétion, dois-je quand même vermifuger
? Oui, une fois par an au moins. La période optimale est la fin de l’automne.


• Les vieux chevaux doivent-ils être vermifuger plus souvent ?
Il n’y a pas d’effets significatifs de l’âge sur l’excrétion chez les adultes. L’immunité aux parasites s’acquiert avec l’âge, mais le syndrome de Cushing peut modérer la capacité de réponse immunitaire.


• Quels sont les conseils pour réduire la charge parasitaire dans les pâtures
?

- La vermifugation sélective ;

- réduire la densité à l’hectare ;

- ramasser les crottins ;

- la rotation des pâtures ;

- la chaux n’a pas d’intérêt prouvé ;

- le copâturage, l’alternance, mais il y a quand même des parasites communs entre les espèces animales ;

- la lutte biologique.


• Quels sont les effets secondaires des vermifuges sur l’environnement ?
L’effet de l’ivermectine sur les bousiers est prouvé. Les doses toxiques des vermifuges dans l’environnement peuvent aller jusqu’à 13 mois après le dépôt des bouses, surtout en climat sec.


• Quels sont les effets secondaires des vermifuges sur le microbiote intestinal
? Il peut y avoir un effet sur les fonctions bactériennes, avec une chute des fonctions cellulolytiques associée à une accélération physiologique de la diversité de la flore bactérienne.

Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr