Un marché français contrasté pour Boehringer Ingelheim en 2018 - La Semaine Vétérinaire n° 1806 du 06/04/2019
La Semaine Vétérinaire n° 1806 du 06/04/2019

LABORATOIRES

ACTU

Auteur(s) : MICHAELLA IGOHO-MORADEL  

En 2018, Boehringer Ingelheim maintient ses investissements en France, malgré un marché morose dans l’Hexagone.

Boehringer Ingelheim affiche une bonne santé financière. Lors de sa conférence annuelle, qui s’est tenue le 17 avril au siège mondial du groupe, à Ingelheim, en Allemagne, Michael Schmelmer, membre du directoire, a présenté les résultats annuels de l’entreprise. En 2018, le groupe annonce un chiffre d’affaires (CA) consolidé de 17,5 milliards d’euros, soit une hausse de 4 %, corrigée des effets de change et des impacts non récurrents résultant de l’échange d’activités avec Sanofi en 2017. En santé animale, le marché monde, qui représente 23 % du CA total du groupe, est prometteur, avec 4 milliards d’euros de CA. Trois antiparasitaires (Nexgard®, Frontline® et Heartgard®), ainsi que le vaccin Ingelvac® ont connu un fort CA sur cette période. 2018 fut aussi l’année de l’intégration de Merial, dont le rachat avait été finalisé deux années plus tôt. Le marché français reste au cœur de la stratégie de croissance du groupe, malgré des résultats en demi-teinte.

Des investissements pour la R & D

L’année 2018 marque la fin de l’intégration de Merial. « Dès le premier jour, nous nous sommes concentrés sur l’approvisionnement continu de nos clients. Au total, nous avons affiché une bonne progression et l’intégration technique est achevée avec succès », se félicite Hubertus Von Baumbach, président du board international du groupe. La France reste aussi, en 2018, un terroir d’investissements pour la branche santé animale du groupe, notamment la métropole lyonnaise, pour les vaccins biologiques vétérinaires. L’entreprise a investi 200 millions d’euros à Jonage (Auvergne-Rhône-Alpes) pour l’implantation de son futur centre de production de vaccins contre la fièvre aphteuse. Toujours à Lyon, elle a débloqué 65 millions d’euros pour la construction d’un site de formulation et de remplissage de vaccins aviaires. En octobre 2018, le laboratoire inaugurait un nouveau centre international de recherche et développement (R & D) biologique. « Au total, ce sont plus de 335 millions d’euros qui vont être investis dans le Rhône. (...) La France reste plus que jamais un pôle stratégique en R & D pour le marché des vaccins vétérinaires », note Jean Scheftsik de Szolnok, président de la filiale France du groupe. L’entreprise maintient ainsi ses investissements, malgré un marché français de la santé animale morose.

Un marché français stagnant

L’Hexagone fait en effet figure d’exception en santé animale, a contrario du marché mondial qui a connu une croissance solide en 2018. Un recul de 1,7 % est même enregistré, avec un CA de 184,4 millions d’euros. « En 2018, la France a été une source majeure d’investissement pour Boehringer Ingelheim, tant en santé humaine qu’en santé animale, même si le groupe présente une croissance limitée sur ce marché local », indique Jean Scheftsik de Szolnok, président de la filiale France du groupe. Le marché français de la santé animale est à la traîne pour les animaux de compagnie comme d’élevage, contrairement aux tendances mondiales. En cause, selon Boehringer Ingelheim, la baisse des ventes de sa gamme Frontline®, qui n’a pas encore été compensée par la mise sur le marché de la prochaine génération d’antiparasitaires en comprimés. « En santé animale, nous devons faire face depuis plusieurs années à un marché domestique stagnant », note le président de Boehringer Ingelheim en France. Pour affronter ce contexte français spécifique, Boehringer Ingelheim indique avoir été contraint d’engager en 2018 un plan de restructuration. Ce plan social a entraîné la suppression de 300 postes au sein de sa filiale France.

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