La Ligue française pour la protection du cheval sur plusieurs fronts - La Semaine Vétérinaire n° 1806 du 06/04/2019
La Semaine Vétérinaire n° 1806 du 06/04/2019

PROTECTION ANIMALE

PRATIQUE MIXTE

L'ACTU

Auteur(s) : MARINE NEVEUX 

Notre confrère Richard Corde, président de la Ligue française pour la protection du cheval, a tenu l’assemblée générale de l’association le 11 avril dans les locaux de la FNSEA, alors que la présidente de la Fédération nationale du cheval, Marianne Dutoit, l’accueillait pour la deuxième année consécutive.

L’année 2018 a encore été une année active sur le plan des actions politiques et de traitement des alertes », a expliqué Richard Corde, président de la LFPC. Les thématiques liées à la bientraitance des équidés sont nombreuses, comme l’illustre le sujet de l’endurance. La plainte déposée en avril 2015 avec l’Association vétérinaire équine française (Avef) est instruite par le parquet de Compiègne (Oise) ; la LFPC a été convoquée par le juge en janvier. « Il convient de remodeler l’endurance, de développer l’éducation dans cette discipline, car certains jeunes sont de plus en plus tentés par des pratiques non respectueuses du cheval et de la discipline », constate notre consœur Christine Filliat, nouvelle administratrice de l’association.

« Nous avons également participé au colloque du bien-être du cheval de sport organisé cette année par l’équipe du CSI Eiffel en juillet, sur le site du concours. Les débats furent vifs et animés mais sans animosité », détaille Richard Corde. La Fédération nationale du cheval a fait du bien-être du cheval son nouveau cheval de bataille. Un guide, à l’usage des professionnels, doit être édité très prochainement.

Sur le plan national, la Ligue poursuit sa participation aux débats, en particulier au Cnopsav et à la DGAL. Bertrand Neveux, trésorier de la LFPC, a participé à de nombreuses réunions. « La visite sanitaire des équidés est aujourd’hui portée au seuil de détention de trois équidés, nous souhaiterions qu’elle soit réalisée dès le premier équidé. » Le sujet du permis de détention d’équidé est aussi en réflexion. « Il pourrait nécessiter une formation, explique Bertrand Neveux. Seraient alors à définir : les équivalences, le contenu autour des devoirs administratifs, de la biologie de l’animal, de sa manipulation, de son économie, etc. »

« Grâce à la motivation de M e Leguille-Balloy, présidente du groupe cheval à l’Assemblée nationale, nous avons participé à l’élaboration d’une proposition réglementaire d’inscrire la névrectomie dans le livret Sire, afin de faire respecter l’interdiction de compétition à ces chevaux. Nous espérons que notre démarche aboutira », développe Richard Corde. L’Académie vétérinaire a aussi été saisie par le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires à la suite de cette question parlementaire. Elle vient de lancer une enquête sur cette problématique, comme l’a mentionné notre confrère Frank De Craene, vétérinaire sentinelle de la ligue pour la bientraitance des équidés.

La LFPC reste un acteur au cœur des débats, comme interlocuteur au sein des instances et sur le terrain pour participer à sauver les animaux maltraités.

UN CONTEXTE ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DIFFICILE

En 2018, « il aura fallu s’adapter à un contexte économique et social pesant, si pesant d’ailleurs que l’explosion du phénomène “gilets jaunes” en novembre résume bien la montée en puissance des problèmes cruciaux que rencontre notre société, note Vivianne Roussel, secrétaire générale de la LFPC. Ces problèmes nous les croisons bien évidemment dans notre gestion quotidienne puisque, malgré ce que les médias semblent continuer à nous faire croire, l’animal reste le premier “laissé-pour-compte”, aussi bien par son propriétaire que par la majorité de nos responsables politiques. »
La ligue reçoit annuellement un bon millier de signalements : 20 % sont éliminés immédiatement, car injustifiés ou incomplets en termes d’informations, 30 % font l’objet aussitôt d’un signalement aux services de l’État (DD[CS]PP) pour justifier pour le moins d’une mise en demeure orale, ou d’une inspection ou, pour les plus graves, d’une décision de retrait. 10 % n’aboutissent pas : les animaux disparaissent parfois (déplacés, cédés ou pire…) ou il est impossible d’avoir un retour de terrain, dresse en constat Viviane Roussel. 40 % des problèmes sont résolus, ou partiellement/provisoirement résolus via une conciliation avec les propriétaires. « Ce sont essentiellement des défauts de parage ou de conditions de détention à améliorer. Nous considérons d’ailleurs que la majorité de ces dossiers-là sont des actes de prévention, car cela évite de retrouver ces cas aggravés au fil du temps. » Beaucoup de temps reste consacré au suivi des équidés qui ont été confiés à la LFPC, y compris ceux qui restent « en attente de jugement », selon l’expression consacrée.
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